Berlin et Athènes – La réparation des crimes nazis fâche

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Berlin et AthènesLa réparation des crimes nazis fâche

La question des compensations aux victimes grecques d'un massacre commis par les troupes nazies tend les relations entre Berlin et Athènes.

Berlin a critiqué jeudi la décision d'Athènes de contester son recours devant la Cour internationale de justice contre une condamnation à verser des compensations aux victimes grecques d'un massacre commis par les troupes nazies.

«Je n'ai aucune compréhension pour la décision du gouvernement grec», a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle dans un communiqué.

L'Allemagne a saisi la CIJ en décembre 2008 pour contester une décision d'un tribunal italien qui a autorisé la mise sous séquestre de deux propriétés de l'Etat allemand en Italie à la demande des héritiers des victimes d'un massacre commis le 10 juin 1944 en Grèce.

Distomo au centre du débat

217 habitants du village de Distomo, dans le centre de la Grèce, avaient été tués par les troupes allemandes.

L'Allemagne demande le respect du principe d'extraterritorialité qui empêche la saisie de ses biens, notamment un centre culturel.

«Nous attendons que les principes du droit international et en particulier l'immunité de l'Etat allemand soient respectés», a déclaré M. Westerwelle, se disant convaincu que la Cour reconnaîtrait le bien fondé de la position allemande.

Les héritiers des victimes de Distomo s'étaient tournés vers la justice italienne après avoir échoué à obtenir compensation en Grèce.

Une décision jamais appliquée

En 1997, un tribunal grec avait condamné l'Allemagne à payer 28,6 millions d'euros aux ayant droit des victimes mais la décision n'avait jamais été appliquée, freinée à la fois par Berlin et les ministres successifs de la justice à Athènes.

Le Premier ministre grec Georges Papandreou a décidé mercredi d'intervenir dans la procédure, affirmant que le cas du village martyr de Distomo revêtait un «symbolisme particulier» pour la Grèce.

«Nous avons une dette d'honneur vis-à-vis de ceux qui se sont sacrifiés pour le pays», a-t-il dit.

«En Allemagne, nous sommes conscients des responsabilités de notre histoire, a répliqué M. Westerwelle. Et nous connaissons aussi les souffrances particulières du peuple grec pendant la IIe guerre mondiale».

Question réglée par un accord bilatéral

Berlin a toujours refusé de payer les héritiers des victimes de Distomo, considérant que la question des dédommagements avait été réglée par un accord bilatéral avec la Grèce datant de 1960.

Le gouvernement allemand dit avoir payé plus 67 milliards d'euros au total aux victimes du nazisme dans tous les pays, y compris les survivants des camps de concentration, des ghettos et du travail forcé.

La question des réparations des crimes de guerre nazi empoisonne les relations entre la Grèce et l'Allemagne depuis des décennies.

Crise de la dette

Les tensions sur ce sujet ont brusquement ressurgi l'hiver dernier par médias interposés, lors de l'éclatement de la crise de la dette, lorsque l'Allemagne a traîné des pieds pour mettre sur pied le sauvetage financier de la Grèce.

Alors que certains hommes politiques allemands suggéraient aux Grecs de vendre leurs îles pour renflouer les caisses de l'Etat, des responsables politiques grecs leur rétorquaient que les Nazis avaient pillé les réserves d'or du pays.

(L'essentiel online/AFP)

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