Catalogne – La République catalane, oui, mais un peu plus tard
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CatalogneLa République catalane, oui, mais un peu plus tard

Pris entre deux feux, le président séparatiste catalan Carles Puigdemont a renoncé mardi soir à déclarer immédiatement l'indépendance.

Carlos Puigdemont a demandé à pouvoir déclarer l'indépendance de la Catalogne.

Carlos Puigdemont a demandé à pouvoir déclarer l'indépendance de la Catalogne.

AFP/Lluis Gene

«Le gouvernement de Catalogne et moi-même proposons de suspendre les effets de la déclaration d'indépendance», a déclaré Carles Puigdemont, sans fixer de délai, lors d'une allocution historique au Parlement, placé sous haute sécurité. Auparavant, il avait estimé devant les parlementaires qu'il avait reçu un «mandat» des Catalans qui s'étaient exprimés à travers un référendum interdit le 1er octobre, «afin de transformer la région en un État indépendant sous forme de république».

Dans une première réaction, le gouvernement conservateur espagnol a estimé qu'une «déclaration implicite d'indépendance (....) n'est pas admissible», a indiqué un porte-parole. À l'autre bout de l'échiquier politique, la CUP (Candidature d'unité populaire), parti d'extrême gauche qui fait partie de la majorité indépendantiste au Parlement catalan, a regretté «une occasion perdue de proclamer solennellement la république catalane». «Vous ne pouvez pas suspendre une déclaration qui n'a pas été faite», a tranché le leader socialiste catalan, Miquel Iceta, résumant le flou autour des intentions de M. Puigdemont.

Pressé de toutes parts, l'ancien journaliste de 54 ans a tenté de privilégier la voie médiane: il continue à parler d'indépendance à son électorat, mais garde une porte ouverte pour une solution négociée, qui s'annonce difficile. Au risque de décevoir une partie de ses supporters. À Barcelone, beaucoup de partisans de l'indépendance, rassemblés par milliers devant un écran géant, ne cachaient d'ailleurs pas leur déception. «Au fond, nous sommes contents, mais nous attendions plus», a dit Pere Valldeneu, 66 ans. «Il ne va rien se passer parce que Madrid ne le permettra pas», a-t-il ajouté. «C'est une stratégie. Nous allons suivre la même route que la Slovénie (devenue indépendante en 1992) et les États européens devront nous reconnaître d'ici quelques jours ou semaines», a préféré retenir Maria Falgas, une fonctionnaire de 50 ans.

(L'essentiel/nxp/afp)

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