Subventions en hausse – La Russie soutient le cinéma patriotique

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Subventions en hausseLa Russie soutient le cinéma patriotique

Moscou a annoncé mercredi une augmentation, malgré la crise, des subventions octroyées pour le cinéma, qui privilégieront les films patriotiques sur la Deuxième Guerre mondiale ou l'histoire de la Crimée.

Le ministre russe de la culture Vladimir Medinski (à droite) estime qu'il faut encourager certains thèmes dans le cinéma russe.

Le ministre russe de la culture Vladimir Medinski (à droite) estime qu'il faut encourager certains thèmes dans le cinéma russe.

AFP

«Nous choisissons des thèmes qui méritent d'être encouragés davantage», a expliqué le ministre de la Culture, Vladimir Medinski. «Il est ainsi logique que la Crimée fasse partie» des thèmes retenus, a-t-il ajouté. Bien que l'État cherche actuellement à réduire ses dépenses budgétaires en raison de la crise, ses subventions au 7e art seront «plus élevées que l'année dernière», a souligné M. Medinski, qui s'exprimait au cours d'une conférence de presse à Moscou. Ainsi le Fonds du Cinéma, qui répartit les subventions d'État, investira cette année près de 4,2 milliards de roubles (58 millions d'euros) tandis que le ministère débloquera directement 2,1 milliards de roubles (29 millions d'euros).

La moitié des 22 longs-métrages qui seront subventionnés par l'État sont consacrés aux événements de la Deuxième Guerre mondiale, mais auront trait à d'autres épisodes de l'histoire de la Russie: deux films auront pour thème la péninsule ukrainienne de la Crimée. Le rattachement de la Crimée par Moscou il y a un an a été accueilli avec enthousiasme par les Russes, mais a provoqué de très fortes tensions avec les Occidentaux, qui ont imposé des sanctions sans précédent contre la Russie contribuant à aggraver la crise économique. M. Medinski, qui en 2014 avait proposé de n'autoriser qu'un quota de longs-métrages américains, a estimé que cette mesure serait «déplacée» étant donné la crise actuelle.

Avec l'effondrement du rouble, «les salles de cinéma russes, qui payent souvent leur loyer en fonction du cours du dollar, se trouvent dans une situation économique difficile et parler aujourd'hui de l'introduction de quotas serait déplacé», a ainsi déclaré le ministre. Après la chute de l'URSS, où l'État soviétique était le seul à commander des films aux studios et à en produire, la Russie a cessé pendant un temps de financer le 7e art, qui était perçu comme la principale arme idéologique du régime communiste. Mais dès 2009, le Kremlin a renoué avec la pratique soviétique de films sur commande, disant accorder son soutien financier à des films «humains» et «patriotiques» dans un pays qui compte près de 4 000 salles de cinéma, soit dix fois moins que les Etats-Unis.

(L'essentiel/AFP)

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