«Quality of work index» – La sécurité de l'emploi mais moins d'autonomie

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«Quality of work index»La sécurité de l'emploi mais moins d'autonomie

LUXEMBOURG – Si globalement les salariés restent satisfaits de leur travail, ils estiment que certains aspects se sont dégradés.

Autre phénomène inquiétant: la pression sur les jeunes salariés.

Autre phénomène inquiétant: la pression sur les jeunes salariés.

Comme chaque année depuis 2013, dans le cadre du «Quality of work index», 1 500 salariés, interrogés par la Chambre des salariés, ont mis une note à leurs conditions de travail: 55,2/100. C’est un peu plus que l’année dernière (54,4) mais moins qu’en 2013 (57,7). Une plutôt bonne nouvelle qui cache toutefois des réalités parfois bien différentes. Ainsi, s’il est vrai que si globalement les salariés indiquent ressentir une plus grande sécurité de l’emploi, moins de risque d’accident, moins de charge physique, moins de travail dans l’urgence, ils estiment que les relations au travail se sont dégradées. La coopération au sein de l’entreprise, la participation aux décisions et le respect ont ainsi diminué ces trois dernières années.

«Le salarié se sent moins autonome alors que paradoxalement, on lui demande de l’être davantage», note Jean-Claude Reding, président de la Chambre des salariés. Il pointe du doigt les nouvelles technologies qui, au lieu d’être «des outils d’autonomisation» sont perçus comme des moyens de contrôle du salarié, «pendant mais aussi en dehors des heures de travail», regrette-t-il. «Il y a là une contradiction qu’il faut creuser». Le stress et le burnout prennent aussi davantage de place.

Autre phénomène inquiétant: la pression sur les jeunes salariés. Les moins de 35 ans ont des contrats plus précaires que leurs aînés (8% de CDD, d’intérim contre moins de 4% pour les plus de 35 ans), travaillent plus (40% ont des semaines de plus de 40h contre 31% des plus de 35 ans), ont des horaires exceptionnels (43% contre 36%). À noter que 59% des femmes de moins de 35 ans ont des plannings atypiques (après 19h, 22h ou le week-end) contre seulement 36% des femmes de plus de 35 ans. La Chambre des salariés invite donc à «chouchouter» davantage les plus jeunes avec notamment des temps de travail socialement responsables, des temps de repos suffisants, une rémunération et des perspectives intéressantes.

Tout ceci «pour attirer et fidéliser les jeunes talents» car comme le note la CSL, les jeunes sont plus enclins à vouloir changer de job: 22,5% contre 19% pour l’ensemble des salariés. Et c'est surtout les possibilités de formation continue, de promotion promotionnelle, de meilleurs revenus et davantage d’autonomie au travail qui motivent leur décision. Les plus de 35 ans, eux, souhaitent changer de travail souvent pour échapper au mobbing et au burnout.

(MC/L'essentiel)

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