Luxembourg: La sieste mauvaise pour la santé? «C'est un signe d'alerte, pas un risque»

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Luxembourg La sieste mauvaise pour la santé? «C'est un signe d'alerte, pas un risque»

Une étude partagée par CNN avance les liens entre sieste et risque cardiovasculaire. Un médecin du CHL a accepté de commenter les résultats pour L'essentiel.

par
Thomas Holzer

«Faire des siestes régulièrement est lié à l'hypertension et aux AVC». Par ce titre basé une sur une étude récente, le média américain CNN a suscité quelques angoisses chez les adeptes des pauses sommeil en journée. La sieste est-elle vraiment néfaste pour la santé?

«Tout dépend de la raison pour laquelle les gens font la sieste. Si les personnes dorment mal la nuit ou font de l'apnée du sommeil, elles risquent davantage d'être sujettes à l'hypertension. De même, les personnes très stressées, qui fument ou qui boivent beaucoup d'alcool font davantage d'insomnies», explique le Dr. Gilles Wirtz, du Laboratoire de sommeil au CHL. En clair, ce n'est pas la sieste qui provoque un risque d'AVC, mais les pathologies et les habitudes de vie qui amènent les personnes à avoir besoin de faire la sieste.

«15 minutes de sieste, pas deux heures!»

La pause sommeil au milieu de la journée serait donc «un signal d'alerte» mais pas «un risque en soi», indique le professionnel. «Si on menait la même étude dans des pays du sud de l'Europe où la sieste fait partie de la culture, les conclusions seraient assurément bien différentes», poursuit-il. «Pour les personnes qui ne souffrent pas de problèmes de sommeil, il n'y a aucune raison que la sieste entraîne un risque cardiovasculaire», indique encore le médecin chef du service de pneumologie.

La sieste «culturelle» n'est pas un problème.

La sieste «culturelle» n'est pas un problème.

Au contraire, une courte sieste peut même avoir un bénéfice pour le corps, comme pour les sportifs de haut niveau plusieurs heures avant une compétition intense. Les micro-siestes peuvent d'ailleurs faire partie de la prise en charge pour les patients qui souffrent de troubles du sommeil. «15 minutes, c'est bien. Mais il ne faut pas glisser dans une phase de sommeil de deux heures», avertit le Dr. Wirtz.

20 ans de «Laboratoire de sommeil» au Luxembourg»

Ouvert depuis 20 ans, la clinique spécialisée du CHL accueille «de plus en plus de patients» qui viennent consulter pour un problème de sommeil. L'un des plus répandus est l'apnée du sommeil. Entre 3 et 4% de la population seraient concernées, même si une grande partie ne nécessite pas de prise en charge.

L'obésité est le principal facteur de risque. Quant aux symptômes, ils vont des ronflements à la fatigue au réveil en passant par les maux de tête. «Si le partenaire constate des pauses respiratoires trop fréquentes, c'est qu'il faut consulter», précise le Dr. Wirtz.

«L'insomnie est un problème de santé publique, qui demeure difficile à traiter sur le plan médical. Les médicaments ne fonctionnent pas très bien. C'est avant tout une question d'hygiène de vie», conclut-il.

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