Libye – «La situation est plutôt désordonnée»

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Libye«La situation est plutôt désordonnée»

A Tripoli, la situation sanitaire est compliquée. MSF tente d'apporter de l'aide aux quelques hôpitaux qui peuvent prodiguer des soins aux blessés. Entretien avec le chef de mission sur place.

Jonathan Whittall.

Jonathan Whittall.

L'essentiel/MSF

Jonathan Whittall, chef de mission Médecins sans frontières, est actuellement à Tripoli, pour aider les hôpitaux confrontés à un afflux de blessés. Une situation, jeudi, encore délicate. «Les structures médicales à Tripoli étaient déjà débordées avant que les combats n’éclatent cette semaine. Les hôpitaux étaient confrontés à une pénurie de personnel car ils avaient fui la Libye. Ils étaient aussi à court de matériel médical en raison des sanctions imposées sur le pays. Pendant les trois dernières semaines, le personnel médical s’est essentiellement occupé des cas urgents. Les soins n’étaient pas disponibles. Quand vous ajoutez cela aux combats qui ont éclaté cette semaine à Tripoli, vous avez une situation où des hôpitaux déjà débordés s’efforcent de faire face à un afflux de blessés et où ces hôpitaux n’ont pas le soutien nécessaire en termes de personnel ou de matériel».

Il décrit la difficulté sur place, où les quelques hôpitaux accessibles tentent de soigner les blessés. «Beaucoup de médecins et d’infirmières ne peuvent pas venir à l’hôpital parce qu’ils habitent dans des quartiers où l’insécurité règne encore ou parce qu’ils ne peuvent pas traverser la ville. Le personnel médical manque, mais énormément de gens se portent volontaires et vont dans les hôpitaux pour essayer d’apporter leur aide. Mais cela crée un environnement plutôt désordonné». Par exemple, une salle d’hôpital de fortune, faite dans une maison, où «les patients étaient allongés par terre, ou allongés sur les bureaux». «Dans un autre endroit, j’ai vu des gens attendre à l’extérieur de l’hôpital pour entrer dans la salle d’urgence».

MSF faisait venir des équipes du matériel en renfort, jeudi. En plus de l’afflux des blessés et même si les combats ont baissé d’intensité, les équipes sur place sont encore confrontées à plusieurs obstacles, comme la pénurie de carburant. «C’est une grosse difficulté car l’électricité est fournie de manière intermittente, les générateurs sont donc utilisés pour alimenter les hôpitaux, mais ceux-ci ont des réserves très limitées de carburant». Pour Jonathan Whittall, la situation s’est calmée mais reste trop fluctuante. «Nous devons rester extrêmement vigilants par rapport à l’évolution de la situation dans les prochains jours. Le personnel médical doit pouvoir se rendre dans les établissements sanitaires et l’inviolabilité des hôpitaux doit être respectée par les combattants, de quelque bord qu’ils soient».

(L'essentiel Online)

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