Accident d'un TGV en Alsace – La stabilité d'un talus a été «surestimée»
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Accident d'un TGV en AlsaceLa stabilité d'un talus a été «surestimée»

INGENHEIM - Le rapport d'enquête sur le déraillement d'un TGV, qui avait fait 22 blessés en Alsace, le 5 mars 2020, a été publié ce vendredi.

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05.03 Un TGV a déraillé jeudi matin près d'Ingenheim, en Alsace.

05.03 Un TGV a déraillé jeudi matin près d'Ingenheim, en Alsace.

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Le train reliait Strasbourg à Paris.

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Un bilan provisoire fait état de 21 blessés, dont un en urgence absolue.

Un bilan provisoire fait état de 21 blessés, dont un en urgence absolue.

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La stabilité d'un talus bordant la ligne à grande vitesse Paris-Strasbourg a été «surestimée», selon le rapport d'enquête, publié vendredi, sur le déraillement d'un TGV, qui avait fait 22 blessés en Alsace, il y a deux ans. Le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) recommande notamment au gestionnaire SNCF Réseau de «renforcer» l'encadrement des mesures de stabilité des talus, et aux entreprises de BTP de «remettre en question leurs pratiques» dans ce domaine.

Le 5 mars 2020, à 7h32, un train circulant à 284 km/h entre Strasbourg et la capitale avait heurté un monticule de terre recouvrant la voie à la hauteur de la commune d'Ingenheim (Bas-Rhin), à une trentaine de kilomètres de Strasbourg. Sous le choc, l'avant du train - la motrice et les trois premières voitures - avaient déraillé. La rame avait poursuivi sa course pendant 40 secondes sur plus de 1,6 km, sans toutefois se coucher ni se désolidariser, «guidée» par les rails de la voie opposée.

Un effondrement du terrain sur 60 mètres de long

Lors de ce déraillement, très rare à l'échelle de l'exploitation des TGV depuis 40 ans, le conducteur du train avait été grièvement blessé, tandis que 21 des 307 passagers à bord avaient été plus légèrement touchés. Les dégâts sur la rame et la voie avaient été estimés à plus de 40 millions d'euros.

L'effondrement du talus sur 60 mètres de long, un volume total de quelque 22 000 tonnes, semble dû à l'instabilité de couches argileuses, selon le BEA-TT. L'organisme mentionne aussi comme cause possible, et non exclusive de la première, «les apports d'eau exceptionnels (...) à la faveur de l'épisode très pluvieux de février 2020». Or, «les paramètres de résistance au cisaillement des argiles (...) ont été surestimés lors de la conception», selon la même source, le BEA-TT pointant un seul essai lors des études, là où la préconisation est de six.

Une remise en question des pratiques souhaitée

«Il semble important de se demander si les prescriptions pour la réalisation des LGV sont suffisamment contraignantes, sur un sujet aussi critique que la stabilité des grands talus», pointe le Bureau. Il demande donc à SNCF Réseau de «renforcer les prescriptions du référentiel technique pour la réalisation des LGV concernant l'encadrement de la consistance des essais conduisant au choix des paramètres géomécaniques de vérification de la stabilité» de ces remblais.

Les entreprises ayant construit l'ouvrage, soit «la société Setec, l'entreprise Razel et la société Tractebel, et de façon plus large toute la profession» sont pour leur part invitées «à remettre en question leurs pratiques sur la consistance à donner aux campagnes de sondages pour la vérification de la stabilité des talus». Le BEA-TT recommande en outre à SNCF Réseau de mieux surveiller les drainages et de poursuivre les analyses et les travaux de renforcement «afin de traiter le risque de glissement» sur la LGV Est.

(L'essentiel/afp)

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