Criminalité – La Suède désemparée face à des clans mafieux

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CriminalitéLa Suède désemparée face à des clans mafieux

La police et le gouvernement suédois tirent la sonnette d'alarme sur l'emprise de plusieurs dizaines de clans mafieux qui sévissent, selon elle, dans le royaume.

Début août, une fille de 12 ans, selon toute vraisemblance pas visée, a été mortellement blessée à Norsborg, banlieue modeste mais habituellement calme du sud de Stockholm.

Début août, une fille de 12 ans, selon toute vraisemblance pas visée, a été mortellement blessée à Norsborg, banlieue modeste mais habituellement calme du sud de Stockholm.

AFP

En Suède, la police et le gouvernement tirent la sonnette d'alarme sur l'emprise de plusieurs dizaines de clans mafieux qui sévissent, selon elle, dans le royaume, sur fond de multiplication inquiétante des fusillades et autres règlements de comptes violents dans le plutôt paisible pays nordique. Faisant fi des autorités au nom du clan, ces «gangs familiaux» exercent désormais une influence considérable dans plusieurs quartiers défavorisés des grandes villes suédoises, sans que le gouvernement ni la police ne trouvent de parade vraiment efficace, déplorent des experts.

«C'est un poison dans notre société dont nous devons nous débarrasser», a déclaré début septembre le Premier ministre suédois Stefan Löfven. Explosions de grenades dans des immeubles, voitures plastiquées, trafics de drogue, chantages viennent nourrir les pages de faits divers, quand les témoins sont souvent trop effrayés par les représailles pour témoigner. «Vous avez vu le film "Le Parrain ?"», demande à l'AFP la journaliste Johanna Backström Lerneby, auteure d'un livre sur l'une des plus célèbres familles criminelles en Suède, «alors vous voyez ce que c'est».

«Barrages routiers»

Plusieurs personnes liées au clan que la journaliste explore dans son livre «La famille» ont fait parler d'eux en août, lorsqu'un conflit a éclaté avec une bande rivale. Prenant la place de la police, ils ont installé des barrages routiers de fortune dans leur quartier difficile de Göteborg, Angered, arrêtant voitures et demandant cartes d'identité à quiconque passait. Afin de «protéger les résidents et les enfants du secteur», a argué un d'entre eux à la télévision SVT. Les hostilités ont cessé fin août. Mais pas grâce à la police: l'épilogue est intervenu lors d'une réunion de membres de plusieurs gangs dans un hôtel de Göteborg.

«C'est extrêmement frustrant», reconnaît l'officier de police locale Fredrik Terje. «Ce sont ces réseaux criminels qui ont conclu un accord de paix et qui ont fixé un programme, alors que nous, les autorités, sommes restées sur la touche», a-t-il déclaré à SVT. La question a ressurgi à la Une des médias ces derniers jours depuis que le chef adjoint de la police nationale, Mats Löfving, a déclaré publiquement qu'il y avait «au moins 40 gangs criminels familiaux» en Suède. Ces familles, selon lui, sont arrivées en Suède uniquement dans le but de commettre des délits, apportant avec elles leurs systèmes parallèles. Le haut responsable policier les soupçonne également d'être capables de peser dans les sphères politique et des affaires, notamment dans les quartiers à forte population immigrée.

Porteuse d'une généreuse politique d'immigration depuis les années 1990 jusqu'en 2016, la Suède peine à intégrer plusieurs dizaines de milliers de nouveaux arrivants ces dernières années, sur son marché du travail hautement qualifié. «Ceux qui vivent dans ces zones vulnérables sont souvent des personnes relativement pauvres qui n'ont pas le choix», souligne Johanna Backström Lerneby. Début août, une fille de 12 ans, selon toute vraisemblance pas visée, a été mortellement blessée à Norsborg, banlieue modeste mais habituellement calme du sud de Stockholm.

(L'essentiel/afp)

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