Aux Etats-Unis – La «Top Gun Afghane» demande l'asile
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Aux États-UnisLa «Top Gun Afghane» demande l'asile

Niloofar Rahmani, première femme pilote afghane, a surpris le monde en demandant l'asile aux États-Unis à la fin de sa formation de pilote de l'air.

Niloofar Rahmani durant sa formation de pilote de l'air en avril 2015.

Niloofar Rahmani durant sa formation de pilote de l'air en avril 2015.

AFP

Âgée de 25 ans, Niloofar Rahmani - surnommée la «Top Gun Afghane» - devait retourner dans son pays samedi à l'issue d'une formation de 15 mois avec l'armée de l'air américaine. Mais la veille de son départ, elle a déclaré qu'elle n'en ferait rien, expliquant craindre pour sa sécurité, et indiqué qu'elle allait faire une demande d'asile politique aux Etats-Unis. Sa décision lui a valu une volée de critiques, certains l'accusant de «trahison», mais aussi de nombreux messages de soutien.

«Ce qu'elle a dit aux États-Unis était irresponsable et inattendu. Elle devait être un modèle pour les autres jeunes Afghans», a critiqué un porte-parole du ministère de la Défense, Mohammad Radmanesh. «Elle a trahi son pays. C'est une honte», a-t-il dit. Certaines femmes ont elles aussi critiqué la jeune pilote. «Chère Niloofar, penses-tu que tes problèmes sont plus importants que ceux de millions d'autres Afghanes ?», a lancé sur Facebook la photojournaliste Maryam Khamosh.

«Niloofar et sa famille ont reçu des menaces brutales»

«Parfois je souhaiterais être Niloofar et m'élancer dans le ciel pour bombarder les ennemis de mon peuple. Mais toi, Niloofar, qui as touché le ciel depuis les cendres de la terre, tu as fait honte à notre drapeau», poursuit-elle.

Prendre la décision de demander l'asile aux États-Unis a été «extrêmement difficile» pour elle, a expliqué son avocate Kimberly Motley. «Niloofar et sa famille ont reçu des menaces brutales, qui malheureusement ont confirmé que sa sécurité serait fortement compromise si elle revenait en Afghanistan», a expliqué l'avocate.

«La vraie trahison à l'égard de l'Afghanistan vient de ceux qui menacent sa vie et celle de sa famille, et aussi de ceux qui continuent d'opprimer les femmes».

Toujours un pistolet sur elle

Mme Rahmani avait symbolisé l'espoir pour des millions de femmes afghanes lorsqu'elle était devenue la première femme pilote d'Afghanistan, intégrant un univers exclusivement masculin dans un pays extrêmement conservateur. Elle avait reçu à ce titre le prix international des «femmes de courage» du Département d'Etat américain. Mais cette célébrité lui avait aussi valu de nombreuses menaces de mort de la part des insurgés.

Quant à ses collègues masculins, nombre d'entre eux faisaient preuve de dédain à son égard, estimant que la place des femmes est au foyer. La jeune femme, interviewée l'an dernier, avait indiqué avoir constamment un pistolet sur elle pour sa protection, et ne jamais porter son uniforme en dehors de la base militaire pour éviter d'attirer l'attention.

(L'essentiel/AFP)

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