Conflit au Proche-Orient – La trêve de 72 heures tient bon à Gaza

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Conflit au Proche-OrientLa trêve de 72 heures tient bon à Gaza

La trêve de 72 heures entrée en vigueur dans la bande de Gaza, à minuit, était respectée lundi matin, les négociations pour la transformer en cessez-le-feu durable se poursuivant via le médiateur égyptien.

Aucune roquette n'a été tirée depuis la bande de Gaza vers le territoire israélien, tandis que l'aviation israélienne s'est abstenue de lancer le moindre raid dans l'enclave palestinienne depuis que la trêve a été proclamée, a indiqué une porte-parole de l'armée israélienne. À charge désormais pour les négociateurs de transformer cette accalmie en trêve durable pour mettre fin à un conflit qui a fait plus de 2 000 morts. Le Caire a ainsi appelé les deux parties à mettre à profit la trêve (dont on ignore les termes) pour travailler «à un cessez-le-feu global et permanent», tout comme le secrétaire général de l'ONU, Ban ki-Moon, qui a exhorté Israël et le Hamas à œuvrer pour une trêve de plus longue durée.

Le ministre israélien chargé des services de renseignements, Youval Steinitz, a toutefois affirmé à la radio publique qu'il fallait se montrer «très prudent» avant de savoir si cette trêve allait durer. «Nous devons désormais traduire notre victoire militaire en une victoire politique, ce qui veut dire en premier lieu que le Hamas ne doit pas remporter de succès politique et être récompensé pour les violences», a ajouté ce proche du Premier ministre, Benjamin Netanyahu. Le Hamas a en effet converti la résistance à l'armée israélienne en gains politiques auprès de Gazaouis accablés par les morts et destructions.

Le Hamas exige une levée du blocus

Selon la radio publique, Israël a l'intention de renvoyer lundi une équipe de négociateurs au Caire, si la trêve continuait à être respectée. Une délégation composée du Hamas qui contrôle la bande de Gaza, mais aussi de son allié du Jihad islamique ainsi que du Fatah se trouve déjà depuis plusieurs jours dans la capitale égyptienne. Les positions israéliennes et palestiniennes étaient apparues ces derniers jours quasiment inconciliables, notamment après l'expiration vendredi d'un premier cessez-le-feu de 72 heures. Mais dimanche, Israéliens et Palestiniens sont parvenus à un «consensus simultané» lors de discussions indirectes par l'intermédiaire des Égyptiens, a annoncé un responsable palestinien, un responsable israélien confirmant qu'Israël avait «accepté la proposition égyptienne de cessez-le-feu».

Le chef du Hamas, Khaled Mechaal, a répété dimanche que toute trêve durable devait déboucher sur une levée du blocus imposé par Israël à l'enclave palestinienne depuis 2006, l'une des exigences fondamentales des Palestiniens. Le nouveau cessez-le-feu de 72 heures «est l'un des moyens ou des tactiques destinés à faire réussir les négociations ou acheminer l'aide humanitaire», a-t-il affirmé ajoutant que «l'objectif auquel on tient est que les demandes palestiniennes soient satisfaites et que la bande de Gaza vive sans blocus».

(L'essentiel/AFP)

Plus de 2 000 morts

«Bordure protectrice», déclenchée par Israël pour faire cesser les tirs de roquettes et détruire le réseau de tunnels servant à des incursions sur son territoire, a fait 1 939 morts palestiniens, selon les secours locaux. Selon l'ONU, près des trois quarts étaient des civils. D'après l'Unicef, au moins 447 des victimes étaient des enfants ou des adolescents. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont été tués depuis le 8 juillet. La guerre a aussi eu des répercussions en Cisjordanie, théâtre de manifestations et de heurts avec l'armée israélienne qui se sont soldés par une quinzaine de morts palestiniens. Un enfant palestinien de 11 ans a été tué par l'armée israélienne, dimanche, dans le camp de réfugiés d'al-Fawar, près d'Hébron, dans des circonstances encore obscures.

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