Procès au Luxembourg – «La tuer? Non, c’est la mère de mes enfants»
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Procès au Luxembourg«La tuer? Non, c’est la mère de mes enfants»

LUXEMBOURG - Un homme de 47 ans a été jugé pour une tentative de meurtre sur son ex-épouse à Steinfort. Vingt ans de prison ferme ont été requis par le parquet, mercredi.

Le parquet a requis 20 ans de prison ferme contre un homme accusé d'avoir tenté de tuer sa femme.

Le parquet a requis 20 ans de prison ferme contre un homme accusé d'avoir tenté de tuer sa femme.

Editpress

Adel A. a-t-il voulu tuer son ex-épouse le 18 mai 2020 à Steinfort? Jugé cette semaine pour une tentative de meurtre, l’homme de 47 ans a tenté, tant bien que mal, d’expliquer son geste. Un acte d’une violence rare. La femme a été tailladée au visage à plusieurs reprises à l’aide d’un rasoir, ne devant son salut qu’au fait qu’aucune zone vitale n’a été touchée. Mais les cicatrices sont bien réelles. «J’ai perdu le contrôle», a répondu l'accusé au jury, se bornant à attribuer son mauvais état psychologique à sa consommation régulière de cocaïne et… au confinement.

L’homme a expliqué «très mal vivre cette période», se réfugiant dans l’alcool et les stupéfiants. «La cocaïne n’est pas responsable», lui a rétorqué la présidente du jury, appelant à plusieurs reprises ce revendeur de voitures à expliquer son élan de violence.

«Dieu n’était pas là, ce jour-là»

«Vouliez-vous la tuer?», a interrogé la magistrate. «Non, c’est la mère de mes enfants», a-t-il juré. «Je ne l’ai jamais frappée en 13 ans de vie commune». Des déclarations mises à mal par l’enquête de police. Violences conjugales, menaces, harcèlement répétitif, Adel A. n’en serait pas à son coup d’essai depuis la séparation du couple en 2019. Il avait renommé son ex-femme «Cauchemar» dans son téléphone. Et les messages envoyés à la victime lus à haute voix par la juge ne sont pas à son avantage. «Tu m’as fait du mal, Dieu te punira», a-t-il notamment adressé à L. «Dieu n’était pas là ce jour-là», a ironisé la magistrate.

La petite fille d’Adel A. et de L., en revanche, était bien présente et a vu toute la scène. «Vous dites que vous vous préoccupez de vos enfants, mais ils vont très mal. Ils sont aussi victimes dans cette affaire», s’est agacée la juge devant les justifications confuses de l’accusé. «J’ai mal réagi. Tout est de ma faute, mais j’ai changé. J’ai passé deux ans en prison à réfléchir», a-t-il finalement concédé.

«Tous les jours, tu vas penser à moi»

Ne retenant «aucune circonstance atténuante» et soulignant «l’acharnement» et la préméditation, le parquet a demandé une peine de 20 ans de prison ferme. Un réquisitoire qui ne correspond pas «aux faits» pour les conseils du prévenu, qui ont réfuté la qualification de tentative de meurtre.

«Tous les jours en te regardant dans le miroir, tu vas penser à moi, a-t-il dit d’après la victime. C’est qu’il ne voulait pas la tuer. Qui plus est, il a visé le visage et pas le cou. Il s’agit de coups et blessures volontaires», a estimé son avocate demandant un sursis probatoire intégral pour l’accusé. «Le rasoir n’est pas un objet pointu pour donner la mort. Il voulait la défigurer dans une improvisation complète, mais pas la tuer», a renchéri Me Philippe Penning. Le jugement a été mis en délibéré. Verdict le 31 mars.

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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