Affaire Delphine Jubillar – La version du suspect mise à mal par une expertise

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Affaire Delphine JubillarLa version du suspect mise à mal par une expertise

Selon des experts, le téléphone de Cédric Jubillar était éteint et non pas en mode avion lors de la disparition de sa femme, contrairement à ce que le suspect a toujours affirmé.

par
Joëlle Mermoud
Cédric Jubillar continue de clamer son innocence.

Cédric Jubillar continue de clamer son innocence.

AFP

Saura-t-on un jour la vérité sur ce qui est arrivé à Delphine Jubillar? Quinze mois après la disparition de l’infirmière de 33 ans à Cagnac-les-Mines (sud de la France), le mystère reste entier. Seul et unique suspect dans ce dossier, le mari de la trentenaire continue de nier toute implication, malgré une quantité considérable d’éléments pesant contre lui. Il manque cependant aux autorités LA preuve matérielle qui permettrait d’acculer l’artisan plaquiste. De leur côté, les avocats de Cédric Jubillar continuent de dénoncer la vacuité du dossier, enchaînant les demandes de libération, qui sont systématiquement rejetées.

Reste que les enquêteurs viennent de mettre le doigt sur une nouvelle faille dans la version du mari de l’infirmière, révèle Le Parisien. Le suspect a en effet menti sur l’utilisation de son téléphone portable. La nuit de la disparition de Delphine Jubillar – entre le 15 et le 16 décembre 2020 – le GSM de son mari est resté désactivé entre 22h08 et 3h53. Interrogé plusieurs fois à propos de cet élément inhabituel, le trentenaire a toujours livré la même explication quelque peu complexe. Selon lui, son appareil s’est éteint après une promenade avec ses chiens entre 21h30 et 22h environ, parce qu’il n’avait plus de batterie.

Un laps de temps de cinq heures

Une fois rentré chez lui, Cédric Jubillar aurait mis son téléphone à charger et l’aurait rallumé avant d’enclencher immédiatement le mode avion. «Il est allumé parce que sinon il ne sonne pas. Il est allumé en mode avion», avait expliqué le suspect pendant sa garde à vue en juin 2021. Selon sa version, l’artisan plaquiste s’est endormi peu après 22h30 et les pleurs de sa fille l’ont réveillé vers  3h45. C’est pendant ce créneau d’environ cinq heures, alors que le téléphone était inactif, que Delphine Jubillar a disparu. Or, selon les résultats d’une expertise versée le mois dernier au dossier judiciaire, l’appareil du suspect était bel et bien éteint pendant ce laps de temps.

«L’absence d’activité du téléphone, confortée par l’étude des métadonnées du système de fichiers, n’est pas compatible avec un téléphone positionné en mode avion», expliquent les experts. Cette contradiction entre la version de Cédric Jubillar et les résultats de l’expertise n’a rien d’anodin pour l’accusation. Les autorités soupçonnent en effet le trentenaire d’avoir volontairement éteint son portable pour appuyer la thèse selon laquelle il serait allé se coucher tôt. En réalité, l’artisan plaquiste serait resté éveillé pour tuer sa femme et faire disparaître son corps. Le fait d’éteindre son téléphone aurait permis au trentenaire de rendre intraçables d’éventuels déplacements pendant la nuit.

«Il ne se souvenait pas précisément»

Cet élément est d’autant plus troublant que selon d’autres expertises de l’historique du portable de Cédric Jubillar, celui-ci ne l’éteignait quasiment jamais. Cela n’était arrivé que deux fois en 2020 et jamais avant 23h. Contacté par le quotidien français, un des avocats de la défense a tenté de minimiser les résultats de l’expertise: «Cédric Jubillar a dit qu’il ne souvenait pas précisément avoir mis son téléphone en mode avion ou pas. Dans tous les cas, ce téléphone n’a pas d’activité et n’est pas sorti de la maison cette nuit-là. Et ce téléphone est bien rallumé à l’horaire indiqué par monsieur Jubillar», a réagi Me Alexandre Martin.

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