Manger local – La viande 100% locale séduit les consommateurs
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Manger localLa viande 100% locale séduit les consommateurs

GRUNDHOF – L’Angus du Mullerthal, élevé en plein air dans l’est du Luxembourg, commence à se faire sa place sur le marché de la viande au Luxembourg. Un producteur explique ses méthodes.

Sur l’ensemble de la production bovine nationale, l’Angus du Mullerthal reste marginal. En 2013, 13 832 tonnes de viande bovine ont été produites au Luxembourg. Hubert de Schorlemer, qui élève des Angus à Grundhof, dans le Mullerthal, a, en ce moment, environ 200 vaches dans ses prés. «Elles restent à l’extérieur toute l’année», indique l’éleveur, qui a repris l’exploitation familiale fondée en 1787 et tournée vers la production de viande depuis les années 1960. «Même l’hiver, quand il fait froid, elles ont simplement besoin d’un peu de forêt pour s’abriter».

Et elles ont de quoi faire. Les 200 têtes de bétail de Hubert de Schorlemer se partagent, en toute liberté, quelque 200 hectares. De quoi brouter tranquillement, sans apport extérieur, pendant leurs 30 à 35 mois de vie avant l’abattage, qui se fait à 3 km de l’exploitation agricole. «La zone dans laquelle elles paissent est entièrement classée Natura 2000», précise l’agriculteur. Au final, cela donne de la viande non seulement 100% locale, mais aussi, avec la culture extensive, plus tendre et goûteuse, dont tous les morceaux peuvent être consommés.

Une à deux bêtes vendues par semaine

Une fois sa viande produite, il fallait que l’éleveur trouve un débouché. Pour cela, il a signé un partenariat avec Delhaize, qui écoule le produit dans ses supermarchés luxembourgeois. C’est plus cher que de la viande classique, mais ça prend chez le consommateur, même si des chiffres de vente ne sont pas encore disponibles après trois mois dans les rayons. «L’objectif n’est pas d’aller très vite dans la production», nuance Kris Van Strydonck, responsable de Delhaize au Grand-Duché. «Nous étendons le produit progressivement dans les magasins du réseau» depuis la fin du mois de mai.

Actuellement, Delhaize achète 1 à 2 bêtes par semaine au producteur, en se soumettant aux capacités de l’éleveur. Les magasins proposent une vingtaine de pièces différentes, du filet pur à l’entrecôte, en passant par des morceaux moins nobles qui servent à confectionner des saucisses ou à faire des ragouts, histoire de rentabiliser tout l’animal. Sur une carcasse de 300 kilos, pas loin de 200 kilos peuvent en effet normalement être consommés. Pour Delhaize, la commercialisation se fait avec le soucis «du développement durable et du soutien de l’économie locale», affirme Kris Van Strydonck.

Une viande labellisée

Le label Naturschutz Fleesch a été décerné à l'Angus du Mullerthal. Le label, donné par l'Administration de la nature, identifie des viandes bovines issues de méthodes de pâturage extensif permanent, développée dans le cadre de projets de protection de la nature et de la biodiversité.

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