Un homme et huit couffins – La vie de Diego Maradona était une télénovela

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Un homme et huit couffinsLa vie de Diego Maradona était une télénovela

De bombes médiatiques en batailles judiciaires, les descendants illégitimes de Diego Maradona ont presque autant fait parler que ses coups de génie balle au pied.

Diego Maradona embrassé par ses filles Giannina (à gauche) et Dalma, en 2008.

Diego Maradona embrassé par ses filles Giannina (à gauche) et Dalma, en 2008.

AFP/Valery Hache

Huit enfants reconnus, peut-être plus dans la nature: de bombes médiatiques en batailles judiciaires, les descendants illégitimes de Diego Maradona ont presque autant fait dégoiser que ses coups de génie balle au pied. «Il n'en manque que trois pour former une équipe de onze. Vas-y, tu peux y arriver». En 2019, Giannina Maradona, deuxième fille «officielle» de Diego, avait modérément apprécié d'apprendre la reconnaissance prochaine par son père de trois enfants de sa période cubaine.

Cinq années pendant lesquelles, entre 2000 et 2005, l'ex-génie du football s'est partiellement reclus sur l'île castriste pour soigner son démon de la cocaïne, sans manifestement s'astreindre à une vie monacale. «Maradona a trois enfants à Cuba avec qui je suis en contact. Je dois en parler avec Diego, pour l'instant ils n'ont pas été reconnus mais Diego va assumer ses responsabilités», avait lâché l'avocat de l'idole nationale argentine, provoquant une énième tempête dans la famille, secouée depuis sa fondation par les façons frivoles du «Diez».

Scandale télévisé

Le 20 septembre 1986, l'Italie et le monde découvraient au journal télévisé de la Rai, dans le lit d'une clinique de Naples, une jeune femme de 22 ans, bébé dans les bras. Le fils de Diego Maradona, soutient Cristiana Sinagra, la mère de l'enfant né quelques heures plus tôt. Un scandale au pire moment pour le crack argentin du Napoli, fraîchement sacré champion du monde: Maradona a appris la veille que sa compagne Claudia Villafañe, rencontrée en 1977, était enceinte...

La star nie en bloc: «Comme je l'ai répété à mon enfant qui va naître dans quelques mois, la tête appuyée sur le ventre de ma fiancée Claudia, ce qui a été raconté par cette fille est totalement faux. Cet enfant n'est pas de moi», assure Maradona en octobre, à la télé. Après plus de cinq ans de querelle judiciaire et une flopée de tests de paternité refusés, la justice reconnaît Diego Armando Sinagra comme le fils de Maradona, contraint à verser une pension à la mère. Portrait craché de Diego, Junior se fait aussi joueur de foot. Avec moins d'éclat: il écume les 5e et 6e divisions italiennes avant de se signaler vaguement en beach soccer. Finaliste de la Coupe du monde 2008 avec l'Italie, il remporte le championnat national l'année suivante avec le… Napoli.

Reconnaissances tardives

Entre-temps, sa légende de père s'est décidée à le rencontrer en 2003 lors d'une tournée dans la péninsule mais ne le reconnaît publiquement qu'en 2016 en le conviant à une réunion de famille. «J'ai un père incroyable. C'est la plus grande joie de ma vie, pouvoir profiter de lui, jouer au foot avec lui», livre, bouleversé, Diego Junior, à la télé argentine. Autre invitée du clan ce week-end là: Jana. Au bout - encore - d'une longue procédure et malgré le refus répété de la star du football de se soumettre à des tests ADN, la justice argentine avait fini par lui attribuer la paternité de la jeune fille née en 1996.

Une époque où Diego était encore marié à «La Claudia», la mère de ses filles Dalma et Giannina, nées en 1987 et 1989, et longtemps officiellement ses seules enfants. Épousée en grande pompe au stade Luna Park de Buenos Aires en 1989, Claudia Villafañe est la femme avec laquelle il a passé la plus grande partie de sa vie jusqu'à une procédure de divorce entamée en 2003 et entérinée en 2004. Une séparation qui n'a pas empêché celle-ci de veiller au chevet de la superstar lors de sa lourde hospitalisation en 2004 quand le «pibe de oro» était au plus mal.

Son fils le plus jeune, Diego Fernando, fruit de sa relation avec l'Argentine Veronica Ojeda, est né en 2013, alors que le couple était déjà séparé, et porte à huit le total des descendants reconnus de Maradona, en comptant les trois nés à Cuba. Mais il pourrait y en avoir d'autres: la progéniture du «Diez» est l'un des marronniers préférés des médias argentins, qui ces dernières années ont exhumé encore deux héritiers autoproclamés de l'idole nationale, un garçon et une fille nés en 2001 et 1995, entretenant l'espoir de pouvoir constituer un onze de Maradona.

(L'essentiel/afp)

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