Commémoration – Le 13 août 1961, il y a 60 ans, Berlin est coupée en deux

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CommémorationLe 13 août 1961, il y a 60 ans, Berlin est coupée en deux

Du 13 août 1961 au 9 novembre 1989, Berlin était coupée en deux par un mur. L'Est et l'Ouest ont mis 28 ans à se retrouver.

Picture taken in June 1968 shows the Berlin Wall and people walking on the Bernauer Strasse in East Berlin (Soviet sector). The Berlin wall built by the East German government to seal off East Berlin from the part of the city occupied by the three main western powers (USA, Great Britain and France), and to prevent mass illegal emigration to the West. The wall, built along the border between German Democratic Republic (GDR) and Federal Republic of Germany, was the scene of the shooting of many East Germans who tried to escape from GDR. The two countries remained divided until November 1989 when the wall was unexpectedly opened following increased pressure for political reform in GDR. (Photo by - / AFP)

Picture taken in June 1968 shows the Berlin Wall and people walking on the Bernauer Strasse in East Berlin (Soviet sector). The Berlin wall built by the East German government to seal off East Berlin from the part of the city occupied by the three main western powers (USA, Great Britain and France), and to prevent mass illegal emigration to the West. The wall, built along the border between German Democratic Republic (GDR) and Federal Republic of Germany, was the scene of the shooting of many East Germans who tried to escape from GDR. The two countries remained divided until November 1989 when the wall was unexpectedly opened following increased pressure for political reform in GDR. (Photo by - / AFP)

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Aux petites heures du dimanche 13 août 1961 à Berlin-Est, commence l'édification du mur de Berlin qui cimentera la dernière brèche encore ouverte dans le rideau de fer. Au cours des précédentes 48 heures, les rumeurs de la fermeture de la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest ont pris de plus en plus de consistance.

Le vendredi, le conseil des ministres est-allemand a reçu carte blanche par décision unanime de la Chambre du peuple, le Parlement de la RDA, pour prendre toutes les mesures afin de stopper définitivement l'exode de la population de l'Allemagne communiste. Au cours des douze dernières années, plus de trois millions de citoyens ont en effet choisi de «voter avec leurs pieds», en préférant la liberté et la prospérité de l'Allemagne de l'Ouest aux rigueurs de la RDA.

À 4h01 ce dimanche-là, un flash de l'AFP daté de Berlin tombe: «D'après DPA (l'agence de presse ouest-allemande), l'armée et la police populaire se concentre à la limite des secteurs Est et Ouest de Berlin pour interdire le passage». Dans un deuxième flash, l'AFP, citant encore DPA, précise: «Les chemins de fer métropolitains de Berlin ne passent plus depuis deux heures d'un secteur à l'autre».

Les flashs se succèdent

- 4h28: «Le conseil des ministres de la RDA a décidé de mettre en place à ses frontières, même à celles du secteur occidental de Berlin, les contrôles habituels aux frontières d'un État souverain».

- 4h36: «Une ordonnance du ministère de l'Intérieur d'Allemagne orientale interdit aux habitants de ce pays de se rendre à Berlin-Est s'ils n'y travaillent pas».

- 4h50: «Il est interdit à tout habitant de Berlin-Est de travailler à Berlin-Ouest, décide la municipalité de Berlin-Est».

43 kilomètres de long

En tout début de matinée, le journaliste de l'AFP décrit ainsi la situation: «Des fils de fer barbelés et des chevaux de frise ont été placés dans la nuit, pour fermer hermétiquement la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. La route est pratiquement coupée aux réfugiés. La plupart des points de passages, entre les deux parties de la ville, sont barrés depuis le lever du jour et sévèrement gardés par des policiers populaires patrouillant mitraillette en bandoulière. Seuls restent ouverts entre les deux Berlin treize postes-frontières, contrôlés par de nombreux piquets renforcés de policiers en armes. Aucun Allemand de Berlin-Est ne peut plus passer à l'Ouest sans coupe-file spécial, les contrôles sont excessivement sévères».

Alors que la nasse se referme sur la partie communiste de la ville, un jeune Berlinois de l'Est parvient contre toute attente à forcer avec sa voiture le réseau de fils barbelés séparant les deux secteurs de la ville. «Voyant arriver à grande vitesse le jeune homme dans une Volkswagen, les policiers furent trop surpris pour pouvoir arrêter la voiture, qui emporta jusque dans le secteur français le réseau de fils de fer barbelés placé à travers la rue», raconte l'AFP.

Peu à peu, les kilomètres de barbelés vont céder la place à un mur en béton de 43 km de long scindant la ville en deux du nord au sud. Une autre enceinte, longue de 112 km, isolera de la RDA l'enclave de Berlin-Ouest et ses deux millions d'habitants.

«Mur de la honte»

Constamment modernisé durant ses 28 ans d'existence, le Mur est formé sur plus de 100 kilomètres de plaques de béton armé d'une hauteur de 3,60 mètres, surmontées d'un cylindre sans prise pour une escalade, le reste étant constitué de grillages métalliques.

Tout au long de ce «mur de la honte» se trouve, du côté est, un no man's land, dont la profondeur peut atteindre jusqu'à 300 mètres par endroits. Au pied du mur, une «bande de la mort», constituée d'un terrain soigneusement ratissé pour repérer les traces de pas, est pourvue d'installations de tirs automatiques et de mines.

Aussi hermétique fut-elle, cette redoutable «barrière antifasciste» n'empêchera pas la fuite de près de 5 000 personnes, jusqu'à sa chute le 9 novembre 1989. Une centaine de fugitifs y laisseront la vie.

(L'essentiel/afp)

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