Crash de la Germanwings – Le BEA prône la rupture du secret médical

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Crash de la GermanwingsLe BEA prône la rupture du secret médical

Le rapport final du crash de l'A320 en mars 2015 a été publié ce dimanche. Un crash qui a été délibérément provoqué par le copilote, qui souffrait de dépression.

Le rapport définitif des experts français du Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA), rendu public au Bourget, près de Paris, confirme que le copilote allemand Andreas Lubitz qui souffrait de problèmes psychiques a délibérément précipité l'avion au sol le 24 mars 2015 dans les Alpes. «Des règles plus claires doivent être exigées pour savoir quand il est nécessaire de rompre le secret médical», a déclaré Arnaud Desjardins, enquêteur en charge de l'enquête, en présentant les recommandations du BEA pour éviter qu'une telle catastrophe ne se reproduise.

Ces recommandations n'ont pas de caractère obligatoire mais les rapports du BEA font autorité dans la communauté aéronautique. «Plusieurs médecins privés avaient l'information (indiquant qu'Andreas Lubitz ndlr) était malade» et «cette information n'est pas parvenue aux autorités aéronautiques ni à l'employeur Germanwings», a-t-il ajouté. Un médecin avait même recommandé qu'Andreas Lubitz soit soigné en hôpital psychiatrique deux semaines avant la catastrophe, ont également annoncé les enquêteurs du BEA.

Selon eux, le copilote allemand avait commencé à montrer des symptômes suggérant un épisode dépressif psychotique en décembre 2014 et qu'il avait consulté plusieurs médecins les mois qui ont suivi. Aucun d'entre eux n'a alerté les autorités aéronautiques ou son employeur. Et les «restrictions spéciales» qui lui étaient imposées ne lui interdisaient pas de piloter un avion de ligne.

Pour la levée du secret médical en cas de troubles d'un pilote

Dans son rapport final, le BEA émet des recommandations de sécurité «pour effectuer une analyse régulière des incapacités de vol, en particulier pour des problèmes psychologiques ou psychiatriques» des pilotes. Il estime en particulier nécessaire de «définir des règles faisant obligation aux prestataires de soins de santé d'informer les autorités compétentes lorsque la santé d'un patient a de forts risques d'affecter la sécurité publique».

Autre recommandation de sécurité du BEA: «Que les conditions de suivi des pilotes avec des antécédents de troubles psychologiques soient définies (avec précision, ndlr) quand ils sont déclarés aptes à voler».

Le BEA insiste aussi sur la nécessité d'accompagner ces recommandations par des mesures d'accompagnement afin de prendre en compte une éventuelle «réticence des pilotes à déclarer leur problèmes et à solliciter une assistance médicale par crainte de perdre leur licence».

(L'essentiel/AFP)

150 morts

La catastrophe avait fait 150 morts dont six membres d'équipage. Le 24 mars 2015, Andreas Lubitz, copilote âgé de 28 ans du vol GWI18G Barcelone-Düsseldorf de Germanwings, filiale low-cost du groupe allemand Lufthansa, avait profité de l'absence provisoire du pilote dans la cabine pour engager la descente de l'Airbus une demi-heure après le décollage. L'appareil s'était écrasé au bout de dix minutes dans le sud des Alpes françaises.

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