En Syrie – Le bébé borgne pourrait perdre son deuxième oeil
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En SyrieLe bébé borgne pourrait perdre son deuxième œil

Le père de Karim, le bébé syrien rendu borgne après un raid du régime syrien et devenu un symbole, espère pouvoir faire évacuer son fils au plus vite.

«Solidarité pour Karim» est une manière des opposants au régime de Bachar el-Assad de faire parler du siège de la banlieue de la capitale syrienne, qui dure depuis 2012.

«Solidarité pour Karim» est une manière des opposants au régime de Bachar el-Assad de faire parler du siège de la banlieue de la capitale syrienne, qui dure depuis 2012.

Keystone/Uncredited

Depuis une semaine, les réseaux sociaux se mobilisent pour Karim, un bébé syrien devenu borgne et érigé en symbole de la répression des forces syriennes dans les zones encore tenues par les rebelles. #SolidarityWithKarim (Solidarité avec Karim) a été massivement partagé après une campagne lancée par des photographes freelance syriens dans la Ghouta orientale, dernier fief rebelle près de Damas.

C'est dans cette région qu'un raid mené le 29 octobre dernier a grièvement blessé à l'œil Karim - alors âgé de 40 jours - et tué sa mère, selon la famille et le médecin qui l'a soigné. «Karim souffre de sérieuses blessures à la tête et à l'œil, explique le père dans un entretien Skype à la chaîne turque Anews. Nous ne savons pas s'il sera capable de survivre à son évacuation».

Et Abu Mohammad de reconnaître que le plus gros problème actuellement est l'accès aux soins de son enfant. «On nous a dit que sans traitement supplémentaire, Karim pourrait perdre son second œil», poursuit le père qui se plaint du manque de produits de première nécessité: pain, lait....

«Karim est beaucoup apparu dans les médias internationaux, mais moi qu'est-ce que ça m'apporte?», s'insurge Abu Mohammad dans un autre interview, diffusé par l'ONG Syria Charity.

Selon son médecin, le chirurgien neurologue Abou Jamil, le petit devrait souffrir de «séquelles», après une blessure au lobe frontal qui a également endommagé son globe oculaire gauche. «Le lobe frontal tient un rôle essentiel dans la compréhension, l'intelligence et la mémoire de l'être humain», confie le médecin de 50 ans. «Il y a une possibilité de traitement, avec la thérapie comportementale et cognitive (...) et aussi la chirurgie esthétique, mais pas dans la Ghouta. S'il peut sortir de Syrie, ça sera différent».

Une évacuation en suspens

Mercredi, des évacuations médicales ont commencé pour des civils dans un état critique dans la Ghouta orientale, assiégée depuis des années par le régime syrien. Dans la nuit de mardi à mercredi, quatre patients - trois enfants et un homme - ont pu quitter Douma, la plus grande ville de la Ghouta, pour rejoindre Damas, alors qu'au total 29 malades doivent être évacués dans les heures ou les jours à venir.

Les quatre personnes évacuées sont «une fillette hémophile, un enfant atteint du syndrome de Guillain-Barré (une maladie qui atteint le système nerveux, NDLR), un enfant souffrant de leucémie et un homme qui a besoin d'une greffe de rein», a indiqué un responsable du Croissant Rouge, Ahmed al-Saour. D'autres évacuations suivront et peut-être que Karim en fera partie.

(L'essentiel/cga)

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