Royaume-Uni – Le «Big Four» de l'audit doit rendre des comptes

Publié

Royaume-UniLe «Big Four» de l'audit doit rendre des comptes

Deloitte, EY, KPMG, PwC, quatre groupes internationaux régnant sur les audits et conseils aux entreprises, sont dans le viseur des autorités de régulation au Royaume-Uni.

Selon le régulateur du secteur, les quatre entreprises contrôlent l'audit de plus de 95% du FTSE 350, l'indice regroupant les plus grandes entreprises cotées à la Bourse de Londres.

Selon le régulateur du secteur, les quatre entreprises contrôlent l'audit de plus de 95% du FTSE 350, l'indice regroupant les plus grandes entreprises cotées à la Bourse de Londres.

Des années après l'affaire Enron, les géants de l'audit sont à nouveau montrés du doigt au Royaume-Uni, après une série de scandales qui a mis sur la sellette le tout puissant «Big Four». Deloitte, EY, KPMG, PwC, ces quatre groupes internationaux règnent sans partage ou presque sur le conseil aux entreprises, évoluant comme un véritable oligopole, peu connu du grand public.

Ces cabinets accompagnent au quotidien les patrons et autres directions financières, avec une large palette d'activités, allant du conseil en stratégie à l'audit. Projet d'acquisitions, restructurations, question fiscale, problèmes comptables, rien ne leur échappe. «Les entreprises ont besoin de plaire aux marchés financiers et avoir un badge du Big Four est un moyen très simple d'y arriver. Ces aspects symboliques sont très importants», explique Crawford Spence, professeur de comptabilité au King's College de Londres. Selon le régulateur du secteur, le Financial Reporting Council (FRC), ils contrôlent à eux quatre l'audit de plus de 95% du FTSE 350, l'indice regroupant les plus grandes entreprises cotées à la Bourse de Londres.

Mélange des genres

Après avoir avancé leurs pions sans faire de vague pendant des années, ces cabinets ont vu leur image sérieusement écornée en raison du rôle trouble qu'ils ont joué dans de récentes faillites d'entreprises au Royaume-Uni. PwC a écopé d'une amende de 6,5 millions de livres, la plus lourde jamais imposée par le FRC, pour des défaillances dans l'évaluation des comptes de la chaîne de grands magasins BHS avant sa faillite en 2016. KPMG fait lui l'objet d'une enquête pour son examen des finances du groupe de construction Carillion qui s'est effondré en début d'année.

La réputation du secteur n'avait plus été mise à si rude épreuve depuis le scandale de la faillite du courtier américain en énergie Enron en 2001, qui a entraîné la chute du cabinet Andersen, alors membre du «Big Five». Le débat porte désormais sur la possible confusion des genres pour ces cabinets, qui valideraient parfois trop facilement les comptes d'entreprises auxquelles ils fournissent par ailleurs des conseils rémunérés.

(L'essentiel/afp)

Ton opinion