Au Brésil – Le bilan des inondations passe à 104 morts
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Au BrésilLe bilan des inondations passe à 104 morts

Plus de 180 pompiers se trouvaient, mercredi, dans la ville de montagne de Petropolis, avec quelque 400 militaires fouillant la terre boueuse, suite aux intempéries.

Au moins 104 personnes sont mortes dans les inondations et glissements de terrain provoqués par les pires pluies en près d’un siècle dans la ville touristique de Petropolis, près de Rio de Janeiro, a-t-on appris mercredi de source officielle. Le bilan, toujours provisoire, n’a cessé de s’alourdir d’heure en heure au lendemain des pluies torrentielles qui ont transformé les rues du centre en rivières de boue, aplati des maisons et renversé des dizaines de voitures en cette saison des pluies particulièrement meurtrière au Brésil.

Les autorités de l’État de Rio de Janeiro (sud-est du Brésil) l’ont réévalué mercredi soir à «104 décès confirmés», tandis que 24 personnes ont été déclarées sauvées par les secours.

Le bilan risque de s’alourdir

Le bilan risque de s’alourdir, le nombre de disparus dans la localité de 300 000 habitants située à 60 km au nord de Rio, dans le sud-est du Brésil, n’ayant pas encore été établi. La ville pittoresque a reçu en quelques heures mardi soir davantage de pluies que la moyenne de tout un mois de février, selon l’agence météorologique MetSul. Le Brésil a été frappé en cette saison des pluies par des précipitations particulièrement sévères - dans les États de Bahia (nord-est), Minas Gerais et São Paulo (sud-est) - que les experts ont liées au réchauffement climatique.

Avec le réchauffement climatique, les risques d’épisodes de fortes précipitations augmentent, selon les scientifiques. Ces pluies, associées notamment au Brésil à une urbanisation souvent sauvage, favorisent inondations et glissements de terrain meurtriers. Plus de 180 pompiers se trouvaient à Petropolis, avec quelque 400 militaires, fouillant la terre boueuse dans cette ville de montagne qui fut la résidence d’été de l’ancienne cour impériale fuyant la canicule de Rio au XIXe siècle.

«Une zone de guerre»

Le quartier le plus touché est Alto da Serra, une colline que de nombreuses familles descendaient mercredi en pleurant, emportant les maigres affaires qu’elles ont pu sauver, ont constaté des journalistes de l’AFP. «Tous les gens dans la rue disent qu’on dirait une zone de guerre», a déclaré Wendel Pio Lourenço, un habitant de 24 ans qui participe depuis la veille aux secours. «J’ai retrouvé une petite fille engloutie dans la boue», dit le jeune homme, qui transporte un téléviseur vers une église servant de refuge. Au total, quelque 300 habitants ont été recueillis, souvent des écoles.

La boue a enseveli des habitations et des toits en tôle arrachés jonchaient partout le sol. Des voitures, emportées par des rivières de boue, se retrouvaient les roues en l’air ou empilées sur d’autres véhicules. Des commerces ont été inondés par l’eau qui a dévalé dans les rues du centre historique de Petropolis. Mercredi, la quasi-totalité des boutiques du centre-ville étaient fermées, à l’exception des pharmacies.

«État de calamité»

L’Église de Saint-Antoine, près de la zone la plus touchée, a ouvert ses portes à quelque 150 habitants qui ont abandonné des maisons déjà détruites ou menaçant de s’effondrer. «La plupart de ceux qui arrivent ici ont perdu des parents. C’est une situation difficile», déclare à l’AFP le père Celestino, curé de la paroisse.

De graves épisodes de pluie menaçaient de nouveau la région avant la fin de la semaine, selon la météorologie. «Je ne veux plus voir de pluie de ma vie», a lancé Jeronimo Leonardo, 47 ans, qui a fui sa maison menaçant de s’écrouler. La mairie de Petropolis a décrété l’«état de calamité» et un deuil de trois jours.

(L'essentiel/afp)

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