Catastrophe naturelle – Le bilan s'alourdit, mobilisation générale
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Catastrophe naturelleLe bilan s'alourdit, mobilisation générale

Déblayer les communes sinistrées, rétablir l’électricité, chiffrer les dégâts: une tâche titanesque a débuté après les crues meurtrières dont le bilan est désormais de 168 morts.

Plus de 140 personnes au total ont trouvé la mort dans des intempéries d’une rare ampleur en Allemagne, qui ont également tué en Belgique, tandis que le Luxembourg et les Pays-Bas ont aussi fait face à une brutale montée des eaux sur une partie de leur territoire. Le bilan s'est encore alourdi samedi matin, avec 141 morts en Allemagne, dont 90 en Rhénanie-Palatinat. En outre, 27 décès sont à déplorer en Belgique, portant le total à 168 victimes.

Les habitants qui ont pu se mettre à l’abri mercredi soir, lorsque les inondations ont débuté, regagnent progressivement leur domicile. Des scènes de désolation les attendent en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et Rhénanie-Palatinat, les régions affectées de l’ouest de l’Allemagne: maisons défoncées, arbres arrachés, voitures retournées, routes et ponts effondrés, réseaux coupés. Au moins 108 personnes sont mortes.

«La tâche est immense»

«Depuis 48 heures, c’est un cauchemar, on tourne ici mais on ne peut rien faire», explique Cornelia Schlösser en contemplant le triste état de la boulangerie familiale, dans le village de Schuld, noyée sous les flots. «En quelques minutes, une vague était dans la maison», a confié cette quinquagénaire à l’AFP.

Dans toutes les localités sinistrées, pompiers, protection civile, responsables communaux, militaires -certains au volant de tanks- ont débuté le colossal travail de déblaiement et de nettoyage des amas de débris boueux qui obstruent souvent les rues. «La tâche est immense», a reconnu le maire de Solingen, une ville du sud de la Ruhr.

Dons et collectes

L’ampleur de la catastrophe commence seulement à apparaître. Il faut pomper l’eau, évaluer la solidité des bâtiments endommagés, dont certains devront être abattus, rétablir l’électricité, le gaz, le téléphone, héberger les personnes qui ont tout perdu. Les perturbations des réseaux de communication, qui rendent de nombreuses personnes injoignables, compliquent tout chiffrage du nombre de disparus.

«Nous devons présumer que nous allons trouver d’autres victimes», a prédit Carolin Weitzl, maire d’Erfstadt, non loin de Cologne, où un énorme glissement de terrain a emporté des terrains et des maisons. Le chef de l’État Frank-Walter Steinmeier a prévu de se rendre samedi dans cette commune dévastée.

«Catastrophe d'ampleur historique»

Le gouvernement a indiqué travailler à la mise en place d’un fonds d’aides spéciales, alors que le préjudice devrait atteindre plusieurs milliards d’euros. La solidarité s’organise aussi, avec des appels aux dons lancés dans tout le pays, des collectes locales, des soutiens financiers promis par de grandes entreprises, comme le constructeur automobile Volkswagen.

Les dégâts sont «si importants qu’ils nous occuperont pendant longtemps», a prévenu la dirigeante de Rhénanie-Palatinat, Malu Drayer, tandis que son homologue de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Armin Laschet, a parlé d’une «catastrophe d’ampleur historique».

«Sans aucun précédent»

Dans l’ouest de l’Allemagne traversé par l’axe du Rhin, ce sont surtout de petits cours d’eau, peu protégés, qui sont sortis brutalement de leur lit sous l’effet de pluies en forme de déluge, envahissant des dizaines de zones habitées construites souvent sur des zones inondables. Si les pluies doivent cesser ce week-end sur les régions les plus touchées, des centaines de personnes ont encore été évacuées préventivement vendredi soir, après la rupture d’un barrage dans la région de Cologne.

En Belgique également, à mesure que l’eau se retire, «nous allons probablement encore trouver des situations catastrophiques», a jugé la bourgmestre de Liège, Christine Defraigne. Dans ce pays, la tragédie qui a fait plus de 25 morts et une vingtaine de disparus, selon un bilan encore provisoire, est «sans aucun précédent», a affirmé le Premier ministre Alexander de Croo, qui a décrété une journée de deuil national mardi.

(L'essentiel/AFP)

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