Tendance alimentaire – Le bio plaît de plus en plus aux Luxembourgeois

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Tendance alimentaireLe bio plaît de plus en plus aux Luxembourgeois

LUXEMBOURG - Les habitants sont friands de produits bio. Mais rares sont encore les agriculteurs, comme Marco, qui s’y sont mis.

Dans la ferme de Harlange, les vaches de Marco Koeune produisent du lait bio. L’agriculteur est aidé dans sa tâche par Marc et Jennifer.

Dans la ferme de Harlange, les vaches de Marco Koeune produisent du lait bio. L’agriculteur est aidé dans sa tâche par Marc et Jennifer.

L'essentiel

«Nous ne voulions pas dépendre des pesticides, être les pantins des grandes multinationales de l’agrochimie», assène Marco Koeune, 45 ans. C’est pour cette raison qu’en 1998, l’agriculteur de Harlange, une bourgade du nord du Luxembourg, près du lac de la Haute-Sûre, et son père ont décidé de faire passer leur ferme «A Mechels» au bio. Depuis, elle fait partie de Biog, l’association des agriculteurs biologiques du Luxembourg. Les vaches de Marco produisent chacune plus de 7 200 litres de lait par an. Il en possède une soixantaine. À l’échelle du pays, c’est peu. Le bio ne représente en effet que 3% de la surface totale de l’agriculture au Luxembourg. Pourtant, la demande est forte.

En termes d’utilisation, tous produits confondus (aliments, textiles, cosmétiques…), le Luxembourg est troisième des pays européens. Selon une étude de 2013 de l’ASBL Vereenegung fir biologesche Landbau Lëtzebuerg, 82% des résidents achètent du bio au moins une fois par semaine. Mais l’offre est loin d’être suffisante pour satisfaire la demande. Et les produits sont à 80% importés. Le bio n’est certes pas ce qu’il y a de plus rentable, mais pour Marco, c’est une affaire de principe: «Vu les problèmes écologiques dans le monde, il faut respecter la biodiversité, ce n’est pas une posture intégriste».

Chez Marco, les vaches paissent dès que le temps est au beau fixe. Elles vêlent dans le pré. Et sont nourries au maximum avec ce qui pousse sur la ferme. Tout est contrôlé sans pesticides. Les échantillons prélevés sur la ferme servent également à la recherche. Les enfants peuvent ainsi découvrir les vaches mais aussi les pies attirées par les haies autour du pâturage. Et Luxlait vient régulièrement prélever le précieux liquide. Le seul souci de Marco est le même que les autres agriculteurs, trouver du sang neuf. C’est pourquoi il travaille sur son exploitation avec un jeune agriculteur du coin, Marc 23 ans, dont la petite amie, Jennifer, 27 ans, vient parfois donner un coup de main.

L’Oekofoire, une vitrine de la conso écolo
Viande, café, peinture murale, tee-shirt, crème de soin, etc.: pour être sûr des produits que vous achetez, une bonne alternative est de faire un tour à l’Oekofoire. La prochaine se tiendra du vendredi 26 septembre au dimanche 28 septembre, à Luxexpo. Le Mouvement écologique (Meco) qui l’organise épluche consciencieusement les certifications de tous les produits que les exposants présentent afin de vérifier qu’ils correspondent aux critères écolos très stricts exigés. Il arrive que le Meco accepte des produits «imparfaits» s’il considère qu’ils constituent un progrès réel dans leur domaine.

(Séverine Goffin)

Le chiffre

Le Luxembourg dénombre 120 exploitants agricoles biologiques (apiculteurs, maraîchers, viticulteurs, fruiticulteurs…) sur une superficie agricole qui est de 4 248 hectares. 81 transformateurs et trois importateurs sont enregistrés. Lait, viande et légumes sont les produits majoritairement achetés, mais le consommateur se tourne aussi vers les fruits, le vin, le miel…

Bio: comment ne pas se tromper?

«Bio» est un label protégé, mais uniquement pour les produits alimentaires. Si le mot est mentionné pour un aliment, il doit être bio. Ce type de produit doit avoir un numéro d’identification pour un contrôle. Au Luxembourg, il n’existe pas de distance minimale entre un champ bio et un champ avec pesticides, mais un agriculteur bio peut toujours porter plainte. Deux labels sont présents au Luxembourg: Demeter (organisme certificateur de l’agriculture biodynamique) et «bioland produkte». Pour les produits autres que l’alimentaire, savoir ce qu’on achète est complexe. L’estampillage «vert» ne veut rien dire. Il y a des labels mais leurs cahiers des charges divergent, ainsi, la proportion de matières premières bio exigée varie.

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