En Ecosse – Le Brexit ravive la flamme indépendantiste

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En ÉcosseLe Brexit ravive la flamme indépendantiste

Pour nombre d'Écossais, rester dans l'UE n'est pas une option. Les indépendantistes voient dans le Brexit, une chance de convaincre leurs compatriotes de quitter le Royaume-Uni.

Le référendum de 2014 a suscité une importante mobilisation chez les indépendantistes.

Le référendum de 2014 a suscité une importante mobilisation chez les indépendantistes.

AFP

Assis dans un parc de Dundee, deux étudiants écossais refont le monde, comme on le fait lorsqu'on a 18 ans. Un Brexit? Impensable, répondent-ils, en rêvant, paradoxalement, à ce qu'il pourrait leur offrir: une deuxième chance de rendre l'Écosse indépendante. Située sur l'estuaire de la rivière Tay (est), Dundee, 148 000 habitants, est une ville discrète. Elle n'a ni l'élégance d'Édimbourg ni le caractère de Glasgow ni l'influence économique d'Aberdeen, les trois villes écossaises qui la devancent en termes de population.

Elle peut en revanche aisément prétendre au titre de bastion nationaliste: lors du référendum d'auto-détermination du 18 septembre 2014, remporté par le non (55%), elle est arrivée en tête du oui à l'indépendance (57%). Rhys Donnelly et Hannah Finlayson, étudiants en psychologie, étaient de ceux qui ont voté pour rompre avec la Couronne britannique, et qui referaient sans hésiter ce choix, en particulier si le référendum du 23 juin sur la place du Royaume-Uni dans l'Union européenne débouche sur une sortie.

Nouveau référendum?

Le référendum de 2014 a suscité une formidable mobilisation chez les indépendantistes qui persiste aujourd'hui, malgré leur défaite, à travers une multitudes d'initiatives locales, de micro-mouvements, et même d'un hashtag sur Twitter (en encadré): #indyref2 («référendum d'indépendance 2»). À l'avant-garde, il y a le puissant Scottish National Party (SNP, gauche), dont les aspirations sécessionnistes ont été récemment confortées par une série de victoires électorales.

Après sa razzia aux législatives en 2015 (56 des 59 sièges de Westminster alloués à l’Écosse), sa chef Nicola Sturgeon a été reconduite à la tête du gouvernement régional à l'issue des élections locales, début mai. Le SNP a certes perdu au passage sa majorité absolue au Parlement d'Édimbourg, mais peut compter sur le soutien des Verts écossais, pro-indépendance. Europhile, Nicola Sturgeon répète inlassablement qu'un Brexit pourrait justifier un nouveau référendum d'autodétermination si l’Écosse votait, elle, massivement, pour rester dans l'UE.

(L'essentiel/AFP)

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