Politique au Luxembourg – Le budget de l'Etat très diversement apprécié

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Politique au LuxembourgLe budget de l'État très diversement apprécié

LUXEMBOURG - Les députés ont immédiatement réagi à la présentation du budget par le ministre des Finances. La majorité se réjouit, l'opposition se montre critique.

Le budget présenté par Pierre Gramegna a suscité des réactions de la part de la classe politique.

Le budget présenté par Pierre Gramegna a suscité des réactions de la part de la classe politique.

Editpress/Fabrizio Pizzolante

Les réactions politiques n'ont pas tardé après la présentation du budget par le ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP), annonçant notamment un déficit de 650 millions d'euros pour l'Administration centrale. Sans surprise, la majorité a loué le nouveau budget, qui «plaît beaucoup» à Eugène Berger: «L'accent est surtout mis sur l'équité sociale. C'est très important pour que tout le monde puisse profiter de la bonne conjoncture. Les investissements dans la mobilité et l'écologie devraient permettre aux jeunes de trouver un pays vivable et en bonne santé». Selon le député DP, «tous les ingrédients sont en place pour réussir».

Même son de cloche du côté d'Alex Bodry (LSAP): «C'est un budget qui montre que ce gouvernement s'inscrit dans la continuité et qu'il veut commencer très fort». Il se satisfait de l'augmentation du salaire minimum, à laquelle «les socialistes tenaient». «C'est un budget optimiste mais les chiffres fournis par le Statec nous autorisent un tel optimisme, au moins à moyen terme», reprend le chef de fraction. Pour Déi Gréng, Josée Lorsché estime que le budget «va dans la bonne direction, celle de moderniser le pays en rattrapant le retard accumulé ces dernières années. Il a y de nombreuses mesures qui permettront à chacun de vivre dignement. Le déficit de 650 millions d'euros est loin d'être une catastrophe, d'autant que l'équilibre sera rétabli dans les années suivantes».

«La Saint Nicolas, Noël et Pâques le même jour»

Évidemment, l'opposition ne voit pas les choses du même œil. Martine Hansen retient avant tout le déficit «malgré la bonne conjoncture». «Je ne vois pas où l'on veut arriver avec une telle politique. L'augmentation des prix des carburants n'est pas une mesure bien définie: environnementale ou sociale. Quant à la baisse des impôts sur les sociétés, c'est un bon chemin, mais le CSV avait prévu plus de mesures». Gast Gibéryen, de l'ADR, fait le même constat: «On connaît un boum économique. D'ailleurs, le budget de l'année dernière est en équilibre. Et là, le ministre des Finances nous présente un déficit de 650 millions d'euros. Je note que les allégements pour les entreprises ont été pensés pour compenser l'augmentation du salaire minimum et l'introduction de congés supplémentaires. Ce sont les contribuables qui financent leurs congés via des impôts».

La gauche se montre également critique, par la voix de David Wagner (déi Lenk): «On nous parle d'investissements massifs pour 2019. Mais je pense que M. Gramegna a finalement peu parlé des investissements qui comptent comme le logement, les transports et la transition énergétique et écologique. En plus, on va avoir un problème au niveau des recettes puisqu'on décharge encore les entreprises avec une baisse d'impôts». Enfin, Marc Goergen, député du parti Pirates, se demande «quel est le prix à payer pour maintenir un tel niveau d'investissement». Après le discours du ministre des Finances, «on a l'impression que c'est la Saint-Nicolas, Noël et Pâques le même jour».

(Patrick Théry/L'essentiel)

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