Epuisement professionnel – Le burn-out n'est pas reconnu au Luxembourg

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Épuisement professionnelLe burn-out n'est pas reconnu au Luxembourg

LUXEMBOURG - Le syndrome d’épuisement au travail, qui concerne près d'un salarié sur 10 en Europe, et deux salariés sur 10 au Grand-Duché, n'est pas une maladie professionnelle.

43% des salariés du Luxembourg se disent «sous stress continuellement ou très souvent».

43% des salariés du Luxembourg se disent «sous stress continuellement ou très souvent».

Fléau des temps modernes, le burn-out préoccupe de plus en plus d'employeurs et d'employés en Europe. Il y a deux semaines, le sujet est passé à l'Assemblée nationale en France, certains députés étant déterminés à faire reconnaître le syndrome d'épuisement professionnel comme «maladie professionnelle». Le projet de loi a été voté le 2 juin, à 301 voix contre 238, un premier pas pour les victimes qui pourront ainsi être prises en charge par la branche d'accident du travail des entreprises et non par la Sécurité sociale. En clair, ce sera au patron de payer pour la maladie de son employé.

Si l'on considère que près d'un employé sur 10 en Europe ressent ce syndrome, «bien que le tableau des maladies professionnelles reconnues au Luxembourg soit un tableau dit ouvert (on peut faire reconnaître une maladie non inscrite sur la liste officielle moyennant des preuves suffisantes), aucune demande de reconnaissance d'un épuisement professionnel n'a été enregistrée à l'Association d'assurance accident», confirme le ministère de la Santé contacté par L'essentiel. «Comme l’épuisement professionnel se confond très souvent avec une dépression profonde, il est traitée comme tel et les soignants (psychiatres, psychologues) se soucient peu de l’origine de la symptomatologie», ajoute Carlo Steffes, médecin chef de la division de la santé au travail à L'essentiel.

Le Luxembourg ne reconnaît donc pas le burn-out comme maladie professionnelle, à l'inverse de la Belgique et désormais de la France. Pourtant, selon une étude TNS-ILReS de 2010, 43% des salariés du Luxembourg se disent «sous stress continuellement ou très souvent» et deux salariés sur dix pensent avoir subi des périodes de burn-out. L'éducation, le médicosocial et le nettoyage-gardiennage sont les trois secteurs les plus touchés. Selon le Quality of Work Index 2014 de la Chambre des salariés, «l'indice burn-out» du Luxembourg est à 3,9, cinq étant la note de la meilleure qualité de travail.

(Jonathan Vaucher/L'essentiel)

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