Vacances au poil – Le business des pensions pour animaux
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Vacances au poilLe business des pensions pour animaux

LUXEMBOURG - Nadine et Sandra sont des passionnées: elles ont pris soin de nombreux animaux laissés en pension pendant les vacances. Un phénomène en pleine expansion au Luxembourg.

C’est en rase campagne, une grande propriété entre l’autoroute et la forêt: aucune chance que les voisins se plaignent des aboiements et des miaulements joyeux des 80 chiens et 50 chats que peut accueillir «Lassie», pension pour animaux, située depuis une douzaine d’années entre Bonnevoie et Itzig. La rentrée des classes sonne souvent la fin de la saison pour les professionnels de la garde d’animaux: les propriétaires, tout bronzés, sont revenus chercher leur animal favori et ont déboursé une somme plutôt coquette. Pour un chien, c’est 21 euros par jour, pour un chat, 12 euros. Trois semaines sans Fifi, c’est ainsi près de 400 euros.

Depuis 9 ans, Sandra Wirig, avec ses neuf collègues, s’occupe patiemment de tous ses pensionnaires, les petits (rongeurs, oiseaux, tortues, lapins…) comme les gros. La ménagerie est conséquente mais cette ancienne assistante vétérinaire réfute tout mauvais traitement. «Nous ne sommes pas une caserne, nous mettons un point d’honneur à connaître le nom de chaque animal ainsi que ses petites habitudes, ils peuvent avoir leur nourriture spéciale et leurs jouets préférés». Mais avec autant d’animaux, un comportement hyper-individualisé n’est guère possible. Il faut alors ajouter quelques euros et se tourner vers des structures plus petites.

«J’accepte toutes les demandes spéciales»

Changement de décor radical. C’est une rue dans un quartier pavillonnaire de Schifflange: sans une petite pancarte, impossible de savoir que douze chiens et dix chats passent leurs vacances chez Nadine Barthelmy. Elle a ouvert sa pension pour animaux, «Animal Hôtel Belle-Vue», il y a trois ans et demi après plusieurs expériences malheureuses avec son chien et met aujourd’hui un point d’honneur à chouchouter chacun des animaux qu’on lui confie. «J’accepte toutes les demandes spéciales, si un propriétaire me donne un supplément, je peux aller acheter du poulet frais tous les jours pour son chien».

Les chats d’appartement sont séparés des autres, les chiens vont courir dans la forêt au moins une fois par jour et les box – qui doivent au moins mesurer 6 m² - sont nettoyés et désinfectés trois fois par jour. Un suivi très personnel auquel Nadine croit: «C’est important que les animaux se sentent bien, gardent leur rythme, ça rassure aussi les propriétaires qui partent en vacances le cœur plus léger»… Sans pour autant oublier de passer régulièrement des coups de fil voire même d’envoyer des cartes postales des quatre coins du monde!

«Il existe un marché noir»

La garde d'animaux est un marché en pleine expansion et Nadine regrette qu'il ne soit pas plus réglementé: «Il existe un marché noir, qui casse les prix... et les animaux». Une tendance que l'Administration des services vétérinaires tente de relativiser. «On reçoit parfois des appels de gens mécontents parce que leu chien est revenu avec des poux mais cela ne se confirme pas vraiment lors de nos inspections», indique-t-elle.

La quinzaine d'établissements que compte le Luxembourg est inspectée inopinément au moins une fois par an et les irrégularités sont souvent d'ordre administratif. Selon lui, les pensions mal tenues creusent leur propre tombe «puisque les clients ne reviendront plus».

(MC et SB/L'essentiel Online)

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