Selon une étude – Le cannabis perturbe l'activité de la rétine

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Selon une étudeLe cannabis perturbe l'activité de la rétine

La consommation régulière de cannabis ralentit la réponse des cellules à la lumière, selon une étude menée par des chercheurs de Nancy.

Les chercheurs cherchent désormais à comprendre si le retard de transmission aux cellules de la rétine est permanent ou réversible après l'arrêt de la consommation.

Les chercheurs cherchent désormais à comprendre si le retard de transmission aux cellules de la rétine est permanent ou réversible après l'arrêt de la consommation.

AFP

Chez les fumeurs réguliers de cannabis, «la rétine fonctionne plus lentement, les cellules ont un temps de réponse plus lent de 10%», dans leur fonction consistant à transformer la lumière «en un message qui sera ensuite compréhensible par le cerveau», a expliqué lundi le Dr Vincent Laprévote, psychiatre spécialiste en addictologie et coordinateur scientifique de l'étude.

Pour cette étude préliminaire, les médecins ont notamment mesuré les courants électriques échangés entre cellules nerveuses de la rétine pour transmettre le message lumineux. Mené depuis février 2014 à Nancy, ce travail, une première mondiale, implique 52 personnes, dont 28 consommateurs de cannabis âgés de 22 ans en moyenne et fumant 20 joints par semaine.

À la rechercher de fumeurs réguliers

Cosignée avec les psychiatres Raymund Schwann et Thomas Schwitzer, l'étude, dont les résultats ont été publiés la semaine dernière dans le journal scientifique américain Jama Ophtalmology, a montré que les cellules de la rétine ne sont toutefois pas détruites du fait de l'usage de cannabis.

Les chercheurs cherchent donc à comprendre «si le retard de transmission est permanent, ou réversible après l'arrêt de la consommation», explique Vincent Laprévote, qui rappelle qu'outre ces troubles, le cannabis peut provoquer les mêmes maladies que le tabac - cancers des poumons, problèmes cardiaques, etc.

Il s'agit aussi désormais de déterminer si «ce retard de neurotransmission se retrouve ou non plus loin dans le traitement de l'information dans le cerveau, notamment dans le cortex visuel, point d'entrée de l'information visuelle dans le cerveau». Tout en précisant qu'elle ne fournit aucune substance illicite, l'équipe de chercheurs nancéiens est à la recherche de fumeurs réguliers de cannabis pour cette étude toujours en cours, financée par l'Agence nationale de la recherche et la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).

(L'essentiel/afp)

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