Dopage dans le cyclisme – Le cas Bradley Wiggins laisse perplexe

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Dopage dans le cyclismeLe cas Bradley Wiggins laisse perplexe

Cité par les hackers russes, le vainqueur du Tour de France 2012 n'en finit plus de se justifier, sans convaincre. Une partie du peloton et des suiveurs s'interrogent ouvertement.

Overall leader's yellow jersey, British Bradley Wiggins, rides on the famous Champs-Elysees Avenue during the 120 km and last stage of the 2012 Tour de France cycling race starting in Rambouillet and finishing in Paris-Champs-Elysees, on July 22, 2012.  AFP PHOTO / JOEL SAGET / AFP PHOTO / JOEL SAGET

Overall leader's yellow jersey, British Bradley Wiggins, rides on the famous Champs-Elysees Avenue during the 120 km and last stage of the 2012 Tour de France cycling race starting in Rambouillet and finishing in Paris-Champs-Elysees, on July 22, 2012. AFP PHOTO / JOEL SAGET / AFP PHOTO / JOEL SAGET

AFP/Joel Saget

La domination des épreuves par étapes par l'équipe Sky depuis 2012 a très souvent suscité des interrogations, sans que des éléments concrets viennent corroborer les soupçons. Cette fois, Bradley Wiggins, l'un des coureurs phares de cette équipe créée en 2010, se trouve au cœur d'une polémique depuis la publication par les hackers russes de Fancy Bears des autorisations à usage thérapeutique (AUT) dont il a bénéficié, notamment au moment de son Tour de France victorieux en 2012.

Depuis ces révélations, le coureur a tenté plusieurs fois de se justifier, sans convaincre. Il est notamment critiqué pour avoir déclaré dans son autobiographie publiée en 2012 qu'il refusait l'usage de toute seringue, une affirmation balayée par les documents des hackers russes. Il a expliqué que lorsqu'il évoquait les seringues en 2012, c'était pour parler des produits dopants. Et la prise de corticoïdes se justifierait, selon Wiggins, par des problèmes d'asthme. «L'objectif était de régler un problème, pas de bénéficier d'un avantage injuste», a-t-il encore déclaré mardi à la BBC.

Cette affaire «sent mauvais»...

Mais ses explications n'ont pas convaincu le monde du cyclisme, loin s'en faut. Dans le quotidien L'Équipe de mercredi, le docteur Arnaud Mégret, du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC), estime que les justifications de Wiggins «ne tiennent pas la route». «Ce sont clairement des explications de circonstances», poursuit-il, avant de rappeler que les corticoïdes pouvaient présenter «de graves risques d'infection et des troubles comme le diabète».

L'UCI (Union cycliste internationale) est également critiquée dans cette affaire pour avoir trop facilement délivré ces AUT, qui permettent à des coureurs de prendre des produits considérés comme dopants pendant une certaine période. Chris Froome, autre coureur de la Sky, triple vainqueur du Tour de France et également cité par les hackers russes, a reconnu que le système des AUT pouvait mener à des abus. «Il est certain que ce système peut être détourné et je crois que l'UCI et l'Agence mondiale antidopage doivent s'en occuper au plus vite». Le coureur néerlandais Tom Dumoulin est allé plus loin: «Des injections? Ça doit être un asthme très sévère», a-t-il ironisé, avant de déclarer que cette affaire «sentait mauvais».

(jg/L'essentiel avec AFP)

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