Déchets radioactifs – Le centre de Bure coûtera deux fois plus cher
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Déchets radioactifsLe centre de Bure coûtera deux fois plus cher

BURE - Le coût global du projet Cigéo d'enfouissement des déchets radioactifs à Bure (Meuse) a été réévalué lundi à 32,8 milliards d'euros, au lieu des 16,5 prévus initialement.

La construction des installations de stockage pourrait débuter à l'horizon 2020.

La construction des installations de stockage pourrait débuter à l'horizon 2020.

AFP/Jean-christophe Verhaegen

Dans des documents remis au gouvernement, l'Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires (Andra) évalue la partie investissement du projet (c'est-à-dire la construction des installations) à 19,8 milliards d'euros, tandis les coûts d'exploitation de l'infrastructure pendant plus d'un siècle (jusqu'en 2144) sont chiffrés à 8,8 milliards, à quoi s'ajoutent 4,1 milliards d'impôts et taxes. Cette facture représente le double des précédentes estimations de l'Andra: un groupe de travail avait chiffré en 2004/05 le projet entre 13,5 et 16,5 milliards d'euros sur plus de 100 ans.

Ce doublement de la facture était cependant attendu: des estimations divulguées par une commission d'enquête parlementaire sur les coûts de la filière nucléaire tournaient déjà autour de 30 milliards d'euros.

Projet de loi en 2016

Dans un courrier commun au ministère de l’Écologie et de l’Énergie, EDF, Areva et le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) ont cependant contesté ce nouveau chiffrage de l'Andra, expliquant avoir proposé conjointement «de considérer pour ce projet un coût objectif (hors risques) de 20 milliards d'euros». EDF, Areva et le CEA soulignent notamment que l'Andra n'a pas tenu compte «d'optimisations» identifiées depuis fin 2012 et a retenu pour son chiffrage certaines estimations de coûts qui «s'écartent de manière significative de notre retour d'expérience».

Le projet Cigéo, piloté par l'Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires, doit accueillir les déchets les plus radioactifs (3% du total des déchets nucléaires) à 500 mètres sous terre à Bure, ainsi que ceux ayant la durée de vie la plus longue. Le gouvernement voulait profiter de la loi Macron pour autoriser ce projet. Mais le Conseil constitutionnel avait censuré en août l'article le concernant, considérant qu'il était sans rapport avec la loi. Dans le foulée, le gouvernement avait indiqué qu'il déposerait un projet de loi spécifique sur Cigéo en 2016. Le calendrier du projet prévoit un décret d'autorisation en 2018 et une mise en service industrielle en 2025. La construction des installations de stockage pourrait débuter à l'horizon 2020.


(L'essentiel/AFP)

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