Tendances – «Le cigare est un état d'esprit»
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Tendances«Le cigare est un état d'esprit»

LUXEMBOURG - Le
cigare cubain n'est pas réservé à une élite et se démocratise.

Le Luxembourg compte ses clubs d'amateurs: Aficionado du Luxembourg, au Havana Lounge du Sofitel Luxembourg Europe, 4, rue du Fort Niedergruenewald ou www.cigarclub.lu

Le Luxembourg compte ses clubs d'amateurs: Aficionado du Luxembourg, au Havana Lounge du Sofitel Luxembourg Europe, 4, rue du Fort Niedergruenewald ou www.cigarclub.lu

«Un bon cigare se déguste comme un bon vin». Quand il parle de cigares, Manuel Silva s'enflamme. Depuis douze ans, il tient dans la galerie commerciale d'Auchan, au Kirchberg, une boutique, Cubana Humidor, dans laquelle il vend les meilleurs «puros» cubains, et les accessoires qui vont avec. Avec, à ses côtés, un autre véritable passionné de cigares, Zito, qui se fait presque lyrique quand il en parle. «Un bon cigare, c'est un état d'esprit», affirme-t-il.

«Quand on a fait un bon dîner, avec du bon vin, un bon cigare permet de terminer en beauté». Un havane est aussi un instrument de convivialité et de rencontre pour lui. «C'est une passion qui se partage. Mais il y a aussi des cigares pour les moments de solitude...», explique-t-il.

Avec une telle passion chevillée au corps, pas étonnant que la boutique de 32 m² vende 10000 à 15000 cigares par mois... «D'après notre fournisseur cubain, nous sommes le plus gros client au mètre carré en Europe!», précise fièrement Manuel Silva. Qui a découvert le cigare en commençant à en vendre. Et ne s'est jamais lassé depuis. «Pour moi, c'est une découverte permanente. La qualité et le goût du cigare dépendent de la récolte, de l'environnement, de l'année», comme pour le millésime d'un vin.

Avec dix-sept familles de cigares cubains, déclinées chacune sur cinq à dix sortes de havanes, il n'y a pas de quoi se lasser. D'autant qu'il existe par ailleurs soixante-sept nuances de couleurs différentes. «Certains puristes veulent une nuance bien précise», selon Manuel Silva.

Un maître torcedor à Luxembourg

«La machine ne réussira jamais à faire aussi bien que la main de l'homme». Pour Zito, les meilleurs cigares sont faits à la main. À Cuba, rouler un cigare tient presque du geste artistique et chacune des grandes fabriques possède ses rouleurs, les torcedores.

Mercredi, un de leurs maîtres, Albin Raúl Mustelier, sera au Luxembourg pour une démonstration de son savoir-faire, à l'invitation de Cubana Humidor, la boutique de cigares dans la galerie d'Auchan Kirchberg. Entre deux dégustations de rhum et de mojito, les aficionados du cigare pourront regarder le mæstro à l'œuvre. «Le torcedor va apporter des feuilles de tabac de Cuba pour faire la tripe», le cœur du cigare, indique Manuel Silva.

Mercredi, de 11 à 20h, à Cubana Humidor, Auchan Kirchberg.

Fumer le cigare, c'est tout un art

«Les gens aiment bien accompagner un cigare d'un verre de rhum ou de whisky», affirme Zito. Si possible un pur malt, «qui va bien avec le boisé de certains cigares». Mais avant de pouvoir apprécier le tout, encore faut-il bien couper son cigare et bien l'allumer. Pour le couper, l'idéal est d'utiliser une guillotine à double tranchant.

«Cela évite d'écraser la tripe», le cœur du cigare, explique Manuel Silva. Si vous n'en possédez pas, vous pouvez enlever le bout du cigare, après l'avoir humidifié. En tous cas, attention: mal coupé, un cigare se décompose et sera moins agréable. Pour l'allumer, ensuite, «l'idéal est une tige de cèdre enflammée», selon Zito, «ou une belle allumette». À la rigueur, un briquet à flamme bleue fait très bien l'affaire, mais là encore, une mauvaise flamme crée une mauvaise combustion et nuit au goût de votre havane.

Les meilleurs sont de Cuba

La Havane, le saint des saints pour les amoureux de cigares. Les marques cubaines de «puro» sont les plus réputées au monde. Mais pourquoi les feuilles de tabac roulées sur l'île des Caraïbes sont-elles meilleures que les autres? «C'est une question de savoir-faire, mais pas seulement», affirme Zito. «Le climat, les sols jouent aussi».

Depuis des décennies, les grandes maisons cubaines se partagent le marché du cigare de qualité. Une marque mondialement célèbre comme Cohiba a été créée par Castro pour sa propre consommation et celle des hauts dignitaires du régime. D'autres marques mythiques comme Romeo y Julietta, Partagas ou Montecristo viennent aussi de Cuba.

Un plaisir cher

Si pour certains cigares cubains, il faut à peine débourser 1,50euro, pour d'autres le prix peut s'envoler en fonction de la qualité du «puro». Chez Cubana Humidor, les cigares les plus chers valent 32euros l'unité, sans compter quelques pièces spéciales bien plus onéreuses. Certains des meilleurs cigares millésimés, issus des plus grands producteurs, se négocient plusieurs milliers d'euros lors de ventes aux enchères.

Le cigare, véritable
accessoire de star

Fidel Castro, Winston Churchill... On connaît les grands de ce monde qui usaient et abusaient du cigare, comme signe de pouvoir. Mais les stars aussi aiment les havanes. Ainsi, le chanteur français Jacques Dutronc (en bas) est indissociable de son «barreau de chaise», l'ancien acteur et actuel gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger ne rechigne pas à allumer un bon cigare...

Et Bill Clinton en faisait un usage détourné, qui avait failli lui coûter cher lors de l'affaire Lewinski. À la télé aussi, avant que le politiquement correct ne prenne le dessus, l'inspecteur Colombo ne pouvait se passer de son imperméable, de sa vieille Peugeot 403 et... de son cigare.

Les femmes se mettent aussi
à fumer le barreau de chaise

Un beau «barreau de chaise» n'est pas uniquement réservé aux hommes, mais peut aussi devenir un atout de charme et de sensualité pour ces dames. «La clientèle féminine est de plus en plus importante», affirme Manuel Silva. Si ce dernier ne tient pas de comptes précis sur le nombre de fumeuses de havanes de sa clientèle, il estime qu'elle représente «5 à 10%» de ses acheteurs.

Jérôme Wiss

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