Zone franche – Le coffre-fort géant ouvre ses portes au Findel

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Zone francheLe coffre-fort géant ouvre ses portes au Findel

LUXEMBOURG – Le Luxembourg Freeport, établissement destiné au stockage d'objets de grande valeur, a été inauguré ce mercredi. Visite des lieux…

Quatre coffres de 40 à 80 m², clos par des portes pesant de 5 à 7 tonnes. À l'intérieur, d'ici à deux semaines, des métaux précieux, or, argent, diamants…, pourront y être stockés. Quatre caves à vin avec contrôle de la température et de la pression, pouvant contenir jusqu'à 750 000 bouteilles, de grande qualité, très certainement. Une soixantaine de coffres au total, où sont attendus également des œuvres d'art ou encore des documents précieux. Le Freeport Luxembourg est inauguré ce mercredi, et déjà 75% de ses 11 000 m² disponibles sont réservés. Le stockage et le négoce de marchandises sur place seront exemptés de TVA.

Les clients finaux: des musées devant stocker leurs collections, des collectionneurs, des particuliers voulant protéger leurs biens, des fonds d’investissement… Le promoteur suisse Euroasia Investment a investi autour de 60 millions dans ce coffre fort géant et ultrasécurisé, qui pourra encore s'agrandir dans les prochaines années. Sur place, les marchandises seront toutes scannées pour détecter d'éventuelles marchandises prohibées. Et tout sera contrôlé par les douanes à l'entrée, comme à la sortie. L'accès se fait par la route et par voie aérienne, via Luxair Cargo – les pistes du Findel sont à moins d'un km.

Quelque 80 emplois et des rentrées fiscales

Personne n'évoque les prix pratiqués par le Freeport lui-même, ce sont les mandataires qui font l'intermédiaire avec les clients souhaitant y stocker leurs objets de valeur, en y ajoutant leurs spécificités techniques (mode de stockage, rajout d'éléments de sécurité, etc.). Franco Momente, directeur de Fine Art Logistics (Natural Le Coultre) est l'un d'entre eux. Il loue près d'un tiers de la surface du Freeport. «Nous pratiquons deux types de facturation. Un système à la pièce, où est pris en compte le poids et le volume. L'autre est la location d'un local à l'année. Vu de l'extérieur, on peut s'imaginer que c'est très cher mais par exemple, pour un tableau de 60 cm par 60, on en aura pour 60 euros par mois pour l'entreposage, hors assurance», concède-t-il.

Et pour le Luxembourg, qui a encouragé la création du Freeport en mettant à disposition le terrain – loué -, quelles retombées? Des emplois directs (80 à terme) et indirects, ainsi que des rentrées fiscales, commence David Arendt, administrateur délégué. Avant de détailler: «C'est une opportunité pour la place financière qui peut offrir des services de gestion de fortune qui comprennent également des actifs physiques et pas uniquement du cash. C'est aussi la possibilité de mettre en avant la plateforme logistique du Luxembourg, spécialisée dans le transport et la manutention d'animaux vivants, de produits pharmaceutiques ou de marchandises chimiques, et maintenant dans ceux d'objets de valeur». L'administrateur met aussi en avant les avantages du site luxembourgeois par rapport à d'autres ports francs proches, comme Genève, Zurich ou Bâle.

«Luxembourg Freeport a été conçu pour l'entreposage d'objets de valeur alors que d'autres en Suisse sont utilisés pour cela. Cela fait une différence. Nous avons les dernières technologies disponibles pour la sécurité sur place et le flux des marchandises à l'intérieur. Ainsi que la possibilité d'exposer des œuvres d'art sur place, dans le lobby. C'est aussi un plus », développe David Arendt. Qui n'oublie pas de balayer une nouvelle fois les soupçons d'éventuel transit de marchandises illégales ou d'une infrastructure pouvant servir au blanchiment d'argent.

Mathieu Vacon/L'essentiel

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