Crise sanitaire – Le confinement des voisins «va affaiblir le Luxembourg»

Publié

Crise sanitaireLe confinement des voisins «va affaiblir le Luxembourg»

LUXEMBOURG – Même s’il ne confine pas sa population, le Luxembourg souffrira quand même du confinement décrété dans les pays voisins, indiquent des experts.

Pendant le premier confinement, les magasins étaient restés fermés au Luxembourg. Cette fois, ils devraient souffrir de l'absence de clients habitant à l'étranger.

Pendant le premier confinement, les magasins étaient restés fermés au Luxembourg. Cette fois, ils devraient souffrir de l'absence de clients habitant à l'étranger.

L'essentiel/JG

Pour l’instant, le Luxembourg résiste. Au contraire des pays voisins, il n’a pas (encore) décidé de reconfiner sa population, un scénario que les responsables politiques veulent éviter à tout prix. La France a décrété un nouveau confinement, vendredi matin, tandis que des mesures comparables sont en vigueur depuis lundi matin, en Belgique et en Allemagne.

Le Grand-Duché, qui se contente à l’heure actuelle du couvre-feu à 23h, ne va pas échapper à de nouveaux soubresauts économiques, à en croire Cindy Tereba, directrice des affaires internationales à la Chambre de commerce: «Même si le Luxembourg ne confine pas, sa balance commerciale sera affectée. Des entreprises étrangères qui doivent fermer, ce sont des marchés perdus pour celles du Luxembourg». Elle prévoit que de nombreux secteurs vont être touchés, notamment «l’agroalimentaire, la sidérurgie ou encore l’automobile, soit un spectre important».

Prévisions de croissance revues

Bastien Larue, spécialiste des conjonctures au Statec, note que «les magasins ont souffert pendant le premier confinement, car les gens sont moins venus au Luxembourg. Cette situation devrait se reproduire». De plus, un ralentissement de l’économie dans les pays voisins «entraîne automatiquement une baisse de la demande pour les biens et services du Luxembourg», détaille-t-il. Il juge cependant «peu probable» que les magasins luxembourgeois soient moins bien achalandés, ces prochaines semaines.

Cette nouvelle vague de l’épidémie et les restrictions qui s’ensuivent obligent à revoir toutes les prévisions économiques. «Nous nous attendions à une reprise à partir de septembre, mais cela a été freiné», reprend Cindy Tereba. «Les prévisions de croissance seront revues à la baisse», glisse Bastien Larue, même si le choc ne devrait pas être aussi fort cette fois-ci. «Le recul du PIB a été moins mauvais que prévu au premier trimestre et une forte hausse est envisagée pour le troisième», détaille-t-il. Une baisse de l’activité de 6% est prévue pour 2020. Pour 2021, «il est très difficile d’anticiper une éventuelle reprise, cela dépendra de nombreux critères, dont l’aspect sanitaire».

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

Le Luxembourg a mieux résisté

Depuis le début de la crise sanitaire, le Luxembourg «a mieux résisté que les autres membres de la zone euro», selon Bastien Larue. «Au deuxième trimestre, une chute de 7,2% du PIB a été enregistrée, par rapport au premier. Mais dans la zone euro, le recul était de 12%». Cela s’explique notamment par «la structure de l’activité économique, basée sur des services dématérialisés», ce qui facilite sa poursuite en télétravail. Il note aussi «la bonne résistance des services de transport et du secteur information/communication».

Ton opinion