Coronavirus au Luxembourg – Le congé collectif sur les chantiers maintenu cet été

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Coronavirus au LuxembourgLe congé collectif sur les chantiers maintenu cet été

LUXEMBOURG - Alors que les employeurs s'inquiètent des perspectives économiques, les négociations pour modifier le prochain congé estival, dans la construction, ont échoué.

Pour le LCGB, la proposition de reporter tout ou partie du congé collectif cet été était tout simplement «brutale, indigne et inacceptable».

Pour le LCGB, la proposition de reporter tout ou partie du congé collectif cet été était tout simplement «brutale, indigne et inacceptable».

L'essentiel/Sara Lima

Le congé collectif cet été, dans le secteur de la construction, sera semblable à celui des années précédentes en dépit de propositions différentes faites par les employeurs touchés par la crise du coronavirus. Ces derniers mettaient en avant une «perte moyenne du chiffre d'affaires de 60%», suite à l'arrêt des activités entre le 18 mars et le 20 avril, pour aménager le congé et relancer la productivité. «Les aides publiques ont en moyenne couvert seulement 50% des frais, étant donné le niveau d'investissement et l'utilisation importante de capital», explique la Fédération des artisans, dans un communiqué, évoquant un échec des négociations avec les syndicats.

Pour le LCGB, la proposition était tout simplement «brutale, indigne et inacceptable». Le syndicat rappelle que l'arrêt des chantiers pour cause de coronavirus, pendant un mois, n'était pas des «vacances» pour les salariés. D'ailleurs, les salariés auraient déjà montré, depuis la reprise le 20 avril, leur motivation à effectuer des heures supplémentaires pour combler le retard, et la période qui nous sépare du mois d'août est suffisamment longue pour compenser.

Le syndicat bâtiment de l'OGBL confirme aussi l'échec des discussions et proposait, pour sa part, une plus grande flexibilité pour les congés l'été prochain, sur une période allant de mi-juillet à mi-septembre. Proposition qui n'a pas fait consensus.

«Le futur de nombreuses entreprises est en jeu»

Dans le détail, l'idée des employeurs était de «rattraper du retard sur les chantiers, générer du chiffre d'affaires et permettre aux salariés de rattraper des pertes de salaires». Le tout en reportant les trois semaines de congé du mois d'août 2020 à l'an prochain, ou bien en réduisant le congé collectif à deux semaines au lieu de trois, en reportant la troisième à 2021. Mais aucune de ces propositions n'a été acceptée par les syndicats, même avec la promesse, sur la table, d'un remboursement des frais de voyage pour celles et ceux qui avaient déjà réservé leurs vacances.

«Nous n'avons pas très bien compris cette proposition de réduire le congé à deux semaines. Pour certaines familles, c'est très compliqué. Et puis nous n'avons pas eu suffisamment de garanties concernant les congés en cas de report», réagit l'OGBL. «Par le passé, le secteur a dû subir de longues périodes d'intempéries, jusqu'à quatre semaines, sans que pour autant le congé collectif ait été reporté», justifie encore le LCGB.

«Les syndicats ont strictement refusé de prendre en compte la situation d'urgence dans laquelle les entreprises et leurs salariés se trouvent. Le futur de nombreuses entreprises est en jeu», répond la Fédération des artisans, qui regrette l'absence d'un «effort de solidarité». Les syndicats rappellent avoir tenu compte de «la situation et réalité économique», martelant encore que «cette année, le secteur n'a pratiquement pas souffert d'intempéries».

(L'essentiel/Nicolas Chauty)

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