Luxembourg: Le contenu radical se cache à portée de clic

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LuxembourgLe contenu radical se cache à portée de clic

LUXEMBOURG – Respect.lu suit les cas de radicalisation. Dernièrement, ils ont été exacerbés par les théories du complot nées du Covid.

par
Séverine Goffin
La radicalisation tend à coller à l'actualité.

La radicalisation tend à coller à l'actualité.

Le monde est rempli de gens croyant en une théorie du complot, «25 à 30 % de la population», souligne Karin Meyer, la directrice du centre contre la radicalisation respect.lu. Mais ce n’est pas pour autant que tous se radicalisent.

Respect.lu qui publiait son rapport annuel, lundi, suit les cas les plus extrêmes. En 2021, le centre a traité 49 situations, dont seize dans le cadre du programme «Dialoguer au lieu de haïr». Ce programme cible les auteurs de discours de haine en ligne et évite aux participant d’être traînés devant le tribunal.

La radicalisation évolue en lien étroit avec l’actualité, constate respect.lu. «Il y a cinq ans, on voyait beaucoup de cas en lien avec l’islamisme, puis ça a été l’extrême droite et maintenant ce sont les théories du complot liées au Covid», relate Karin Meyer.

Du complotisme aux débordements

La plupart des complotistes «ne sont ne sont absolument pas violents, souligne Karin Meyer. Ils se contentent de discuter de leur théorie de prédilection avec leurs amis. Et il est tout a fait légitime de discuter de sujets de société, de militer pour un monde meilleur. Le problème ce sont les cas, plus rares, qui se radicalisent, postent des menaces ou incitent à la haine sur les réseaux sociaux ou se livrent à des débordements comme on les a connus en décembre dernier, au Luxembourg, en marge des manifestations contre les mesures sanitaires».

Les profils des radicalisés «sont très divers. Mais ce sont souvent des gens en souffrance, qui se sentent victimes d’une injustice, démunis, et qui vont rendre responsable de leurs malheurs un autre groupe de personnes, après les avoir préalablement déshumanisées, pour pouvoir s’attaquer à elles sans se sentir coupable». Les auteurs de haine en ligne «n’ont pas toujours conscience d’avoir fait quelque chose de mal. Il suffit parfois de les mettre face à la réalité pour que le problème se résorbe mais pour d’autres, il peut falloir un accompagnement très long».

L'impact des algorithmes

Même si les personnes concernées sont de toutes tranches d’âge, respect.lu se dit «troublé» par le nombre «relativement élevé de jeunes entre 12 et 18 ans (NDLR: 15 situation), voire en dessous de douze ans». «On a des aînés qui postent des messages de haine au vu et au su de tous sur Facebook, tandis que les plus jeunes se font plus discrets sur Telegram», détaille Karin Meyer.

Internet a joué son rôle. «Vous regardez une vidéo et, en lien, les algorithmes vont vous proposer du contenu de plus en plus radical auxquels les plus jeunes sont facilement confrontés. On rend souvent les parents responsables mais la vérité, c’est que j’ai demandé à un informaticien de configurer la sécurité des GSM et ordinateurs de mes enfants et que mon aîné arrive quand même à la contourner», illustre Karin Meyer.

Dimanche 22 mai, à 15h30, au CinéStarlight, à Dudelange, avant-première de la websérie «The Inside of the Outsider», réalisée pour les cinq ans de respect.lu.

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