Le coup de folie de Martial
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Le coup de folie de Martial

Un adolescent basculant dans la folie meurtrière. Du roman de Guillaume Guéraud, Alfred a fait
un album coup de poing!

«Quand j'ai lu ce roman, je l'ai purement et simplement pris dans la gueule... J'étais ressorti complètement éreinté de sa lecture».

Déjà auteur du remarquable «Pourquoi j'ai tué Pierre», Alfred avoue s'être fait bouffer par «Je ne mourrai pas gibier», écrit par son ami Guillaume Guéraud. Avec l'idée lancinante de l'adapter en bande dessinée.

L'histoire se déroule à Mortagne, un village de 1 219 habitants, situé dans le Médoc. À Mortagne, tout tourne autour du Château Clément et de la scierie Listrac. Travailler pour Monsieur Clément revient à haïr ceux qui travaillent pour Monsieur Listrac. Et inversement! À Mortagne, le dicton prétend: «Je suis né chasseur, je ne mourrai pas gibier».

Dans ce village où la haine finit toujours par fouetter les murs, rien n'est simple. Surtout pas pour Martial (16 ans). À la base, ce qui devait être une fête, le mariage de son frère, va tourner au drame. Le jour de ce mariage, l'ado décroche une carabine et tire dans le tas.

«On suit cette histoire comme on lirait un fait divers. C'est le genre d'histoire dont on a tous entendu parler dans les journaux ou à la radio», explique Alfred, trop heureux d'avoir pu se frotter au roman originel qui l'avait tant scotché.

«Comment un être humain passe la barrière, craque et "fait tout péter", il y a quelque chose d'affreusement humain dans cette histoire, dans ce récit violent à tout point de vue». À sa sortie, le roman de Guillaume Guéraud, publié par un éditeur «jeunesse», avait d'ailleurs créé la polémique. «Ce livre est fort, violent et beau raconté ainsi et pas autrement. J'ai le sentiment qu'il n'y avait rien à ajouter, enlever pour changer».

Auteur adapté, Guillaume Guéraud n'aime pas la bande dessinée parce a qu'il n'y connaît rien. Il a donc laissé carte blanche à son ami Alfred. Avec une narration très sobre, sans grands effets, celui-ci raconte une histoire ordinaire, avec des gens ordinaires, dans un contexte ordinaire. Parti simplement avec «un stylo Bic et du mauvais papier» comme il le dit, il réalise une BD extraordinaire.

Denis Berche

«Je mourrai pas gibier».Alfred. Delcourt (Mirages).

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