Bâtiment et construction – Le dumping au coeur de la tripartite

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Bâtiment et constructionLe dumping au cœur de la tripartite

LUXEMBOURG - La tripartite du 19 avril aura une double résonance,
sociale et économique.

Le tirage des prix vers le bas influe sur les conditions de travail et le respect de la législation. (AFP)

Le tirage des prix vers le bas influe sur les conditions de travail et le respect de la législation. (AFP)

Les apparences sont parfois trompeuses. Le secteur du bâtiment et de la construction au Grand-Duché se porte bien. Syndicats et patronat le disent, les chiffres l'attestent. Les faillites de Socimmo, Pedinotti et Mangen sont plus liées à des problèmes de gestion qu'à la conjoncture. Même si des employés sont restés sur le carreau.

Des problèmes subsistent, d'où la tripartite convoquée le 19 avril par le ministre de l'Emploi, Nicolas Schmit. Enjeu: le dumping social et salarial exercé par certaines sociétés est mis au jour par l'Inspection du travail et des mines (ITM). La pratique de prix très bas entraîne une distorsion de concurrence, le non- respect de la législation et entretient «une spirale négative». «Essayer d'obtenir des marchés publics à n'importe quel prix conduit aux événements récents», pointe Pol Faber, du Groupement des employeurs.

Responsabilités de l'État et des communes

Analyse partagée par Jean-Luc de Matteis, de l'OGBL, qui réclame le blocage «des cascades de sous-traitants» doublé d'un engagement «de la responsabilité du maître d'ouvrage». Et de plaider également pour l'instauration de prix minimaux et le renforcement des moyens de l'ITM. «Il y aura davantage de contrôles» de l'ITM, annonce déjà Nicolas Schmit.

L'État et les communes ont leur part de responsabilité en choisissant systématiquement le moins-disant au détriment de l'offre «économiquement responsable» lors de l'attribution des marchés publics. Le ministre concède «qu'il y a à revoir au niveau des cahiers des charges». «Je vais inviter les administrations à travailler sur ce point», dit Nicolas Schmit, estimant qu'un «système d'alerte» serait pertinent pour détecter en amont les entreprises en difficulté.

Mathieu Vacon

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