Régionales 2010 – Le FN peut se maintenir dans la moitié des régions

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Régionales 2010Le FN peut se maintenir dans la moitié des régions

Le Front National, en enregistrant un score entre 11,2% et 12%, remplit au-delà de ses propres espérances le contrat qu'il s'était fixé.

Le FN, dont l'objectif était d'atteindre au moins les 10% avec un maintien dans dix à douze régions, se retrouve en quatrième position, à un point derrière Europe Ecologie (entre 12,3% et 13,1%). Il sera présent dans au moins 12 régions sur 22: Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Nord-Pas-de-Calais -il y cède moins d'un point à l'UMP-, et Picardie sans surprise, mais aussi Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon, Haute-Normandie, Bourgogne ou, plus surprenant, Centre.

En Lorraine, Thierry Gourlot obtient 14,87% des voix ce qui désolait dimanche Anne Grommerch, députée de la 9e circonscription de Moselle et tête de liste en Moselle : «Je me désole aussi pour le score de l'extrême-droite. Il apparaît clair qu'il s'agit d'un vote sanction par rapport à une politique nationale (…) Mais les électeurs doivent se rendre compte qu'il s'agit d'un scrutin régional et que quoi qu'il arrive après dimanche prochain, le président Sarkozy sera encore là jusqu'en 2012. Il faut que les électeurs réfléchissent pour la région et qu'ils ne renouvellent pas ce vote sanction dimanche prochain» confiait-elle à L’essentiel

«Une force nationale»

Et le FN pourrait être l'arbitre du scrutin, au profit de la gauche, dans des régions comme l'Alsace, la Champagne-Ardenne ou le Centre au second tour. Le secrétaire d'État au Logement Benoist Apparu a dénoncé dès dimanche soir sur itélé «une alliance de fait» entre le PS et le FN, puisque le PS va conserver «un certain nombre de régions grâce au Front national». Ce score, certes inférieur aux 14,70% des régionales de 2004, n'en exprime pas moins une remontée du parti d'extrême-droite, après sa déroute aux législatives de 2007 (4,29%) suivie d'un petit 6,8% aux européennes de 2009. Il fait également mentir Nicolas Sarkozy qui s'était promis, lors de la campagne présidentielle en 2007, de vider l'électorat du FN.

Le FN «était annoncé comme vaincu, mort, enterré par le président de la République. Il a démontré qu'il était une force nationale, et probablement de plus en plus grande», a réagi Jean-Marie Le Pen sur TF1. Tout en parlant en direct, il arborait devant les caméras un panneau proclamant «Non à l'islamisme» avec en dessous la mention «Censuré», en référence à l'interdiction d'une de ses affiches de campagne.

Le Pen fait plus de 20%

Sa fille et vice-présidente du parti, Marine Le Pen, a déclaré sur France 2 que les Français «ont remis clairement le Front National dans le jeu. Les Français sont de retour, ils ont fait mentir les sondages». Tête de liste en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Jean-Marie Le Pen s'offre un score personnel de 20,29%, auquel il ajoute le petit plaisir de talonner l'UMP Thierry Mariani -moins d'un point d'écart- sur Marseille et faire mieux que sa propre fille, qui engrange 18,31% dans le Nord-Pas-de-Calais où elle était tête de liste.

Dans son fief d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) dont elle est conseillère municipale, Marine Le Pen frôle les 40% et arrive en tête de toutes les listes. Elle prend ainsi une sérieuse option à la succession de son père à la tête du parti, à l'automne 2010 ou au printemps 2011. Son autre challenger déclaré, Bruno Gollnisch, tête de liste en Rhône-Alpes, réalise un score de 14,01%. Le politologue Jean-Yves Camus (Iris) estime que «c'est un redressement visible d'un parti trop vite enterré». Pour sa consœur Nonna Mayer (Sciences-Po), c'est un «rétablissement, mais ce n'est pas non plus un raz-de-marée».

lessentiel.lu avec AFP

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