Exploitation minière – Le gaz de schiste autorisé, mais à conditions

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Exploitation minièreLe gaz de schiste autorisé, mais à conditions

La Commission européenne a adopté mercredi une recommandation qui laisse la voie libre à l'exploitation du gaz de schiste en Europe à conditions. Le Luxembourg et la Lorraine sont concernés.

Le bassin lorrain est une grande source de gaz de schiste. En jaune, les permis déjà accordés mais expirés, en gris les permis en attente, et en rose les concessions de l'État.

Le bassin lorrain est une grande source de gaz de schiste. En jaune, les permis déjà accordés mais expirés, en gris les permis en attente, et en rose les concessions de l'État.

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«Le gaz de schiste suscite des espoirs dans certaines régions d'Europe, mais également des inquiétudes. La Commission répond aux demandes d'action en formulant des principes minimaux que les États membres sont invités à suivre afin de tenir compte des aspects environnementaux et sanitaires et de donner aux exploitants et aux investisseurs la prévisibilité nécessaire», a expliqué le commissaire chargé de l'Environnement, Janez Potocnik. Au grand dam des organisations de défense de l'environnement et à l'encontre du souhait du Parlement européen, la Commission européenne a refusé d'imposer des normes juridiques contraignantes concernant l'exploration et l'exploitation de cette source d'énergie.

En France, la première phase d'exploration de ce gaz controversé concerne la majeure partie de la Lorraine, avec quatre permis demandés dans un bassin de plusieurs milliers de km². Un premier permis d'exploration avait été accordé dans le nord de la région Alsace, concédé par l'État. Un autre concédé par Gaz de France se situe près de Bar-le-Duc en Lorraine. Le reste de la région est un bassin exploitable, jusqu'au sud du Luxembourg et dans la région de Charleroi.

Le permis de Moselle expiré depuis lundi

Selon un document du bureau d'exploration des hydrocarbures obtenu par L'essentiel, tous les permis d'explorations accordés ces dernières années n'étaient plus valides ou en cours de renouvellement en 2014. Le permis accordé à Elixir Petroleum pour forer un bassin de 5 360 km² en Moselle s'est terminé le 20 janvier. Enfin quatre autres demandes sont toujours en attente dans la région.

Les recommandations de Bruxelles sont «totalement insuffisantes pour protéger les populations et l'environnement des risques posés par l'extraction de ces hydrocarbures», a estimé l'ONG Les amis de la Terre. Elle a dénoncé dans un communiqué «le manque absolu de courage de l'Union européenne qui, face aux pressions des lobbies, a renoncé à prendre des mesures concrètes dans ce domaine». «Un site ne pourra être sélectionné que si l'évaluation des risques démontre que la fracturation hydraulique à haut débit n'entraîne la libération directe d'aucun polluant dans les nappes phréatiques», recommande notamment la Commission. Le député européen luxembourgeois Robert Goebbels (DP), favorable à cette nouvelle énergie, a salué mercredi la décision de l'UE en condamnant les ONG qui font «commerce de la peur» et la «campagne de désinformation sur les effets supposés de la fracturation».

Développement controversé

Les États devront s'assurer que les installations pour exploiter le gaz de schiste soient «construites de manière à éviter des fuites à la surface et des déversements dans le sol, l'eau ou l'air», indique la Commission. Les évaluations d'impact sur l'environnement devront être menées avec «le maximum de transparence», insiste le texte de la Commission. Les autorités nationales devront ainsi informer le public des produits chimiques utilisés durant la fracturation hydraulique. Les États membres de l'Union sont simplement invités à appliquer les principes formulés dans un délai de six mois et, à compter de décembre 2014, à informer chaque année la Commission des mesures qu'ils auront mise en place.

Le développement du gaz de schiste dans l'UE est controversé. Certains pays (Royaume-Uni, Danemark, Pologne, Roumanie) développent des projets d'exploration, mais la France et la Bulgarie ont interdit l'exploitation. L'Allemagne a banni la fracturation hydraulique dans les zones riches en eau de son territoire.

(JV/L'essentiel avec AFP)

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