Secousse politique – Le gouvernement Merkel encore dans la tourmente
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Secousse politiqueLe gouvernement Merkel encore dans la tourmente

La démission de la dirigeante du parti social-démocrate met la chancelière dans l'embarras. La coalition au pouvoir est encore un peu plus fragilisée.

Le départ d'Andrea Nahles fragilise Angela Merkel, par ricochet.

Le départ d'Andrea Nahles fragilise Angela Merkel, par ricochet.

AFP/Britta Pedersen

La démission dimanche de la cheffe des sociaux-démocrates allemands, en réaction à la débâcle des Européennes, a plongé le gouvernement d'Angela Merkel dans une nouvelle crise qui menace sa survie. La chancelière et sa dauphine supposée, Annegret Kramp-Karrenbauer, cheffe de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), doivent s'exprimer pour réagir au départ d'Andrea Nahles de la tête du SPD.

Cette dernière cristallisait les critiques depuis le revers historique de son parti aux Européennes: largement devancé par des Verts à plus de 20,5%, le parti de centre-gauche n'a recueilli que 15,8% des votes. La première femme dirigeante du SPD jette l'éponge, «faute de soutien nécessaire», deux jours avant un vote en interne qui devait sceller son sort. Le départ de Nahles, malmenée depuis sa prise de fonction par des frondeurs partisans d'une sortie de la coalition au pouvoir, pourrait donc accélérer la décomposition du gouvernement de la chancelière.

Merkel sur le départ?

Le journal de centre-gauche Süddeustche Zeitung titre sur «la fin attendue» de cette coalition, née dans la douleur début 2017 et qui navigue depuis de crise en crise. Pour le politologue Lothar Probst, la coalition pourrait encore survivre, car SPD et CDU ont trop à perdre lors d'élections anticipées. Mais les deux partenaires sont «touchés à leur sommet», assène-t-il. Car du côté de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer est aussi en difficulté depuis les élections européennes, où les chrétiens-démocrates sont arrivés en tête mais avec un score historiquement bas (28,9%).

Dans le camp du SPD, on réfléchit de plus en plus sérieusement à quitter l'alliance formée avec la CDU, au risque de provoquer des élections anticipées et un départ prématuré de la chancelière. Les sociaux-démocrates avaient prévu de trancher cette question en septembre, à mi-mandat et autour de scrutins régionaux qui s'annoncent difficiles dans trois régions de l'ancienne Allemagne de l'Est. Sur le fond, CDU et SPD accentuent leurs différences depuis des mois, un problème auquel s'ajoute leur incapacité à s'entendre sur la lutte contre le changement climatique.

(L'essentiel/afp)

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