France: Le gouvernement veut virer les fresques pornos des hôpitaux

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FranceLe gouvernement veut virer les fresques pornos des hôpitaux

La Direction générale de l’offre de soins a décidé de s’attaquer de front à la tradition des peintures murales explicites ou sexistes dans les salles de garde de certains établissements.

Une fresque grivoise dans l'hôpital Sainte-Anne à Paris, en 2007.

Une fresque grivoise dans l'hôpital Sainte-Anne à Paris, en 2007.

AFP

Les hôpitaux français qui abritent des fresques à caractère pornographique ou sexiste dans les salles de garde vont devoir les retirer, «dans la concertation» avec les internes, selon une instruction ministérielle que l’AFP s’est procurée mercredi.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de la «politique de tolérance zéro» affichée face aux «violences morales ou sexuelles à l’encontre des étudiants en santé», fait valoir cette instruction de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS). Cette note, datée du 17 janvier et révélée par le site d’information Hospimedia, souligne que «plusieurs contentieux clos ou en cours» ont visé des fresques.

«Dignité des femmes»

Saisi en référé par l’association Osez le féminisme au nom de la «dignité des femmes», le tribunal administratif de Toulouse (sud) a ainsi ordonné en décembre 2021 le retrait de certaines décorations des salles de garde du Centre hospitalier universitaire (CHU) de la ville.

En 2015, une fresque de Clermont-Ferrand mimant un viol collectif entre superhéros avait suscité une polémique, avant d’être effacée. Depuis, des hôpitaux ont spontanément retiré ou modifié des peintures murales, «parfois dans un climat d’opposition des internes», note le document ministériel.

«Fresques carabines»

Aujourd’hui encore, une partie des «carabins» (étudiants en médecine) demeurent attachés à des représentations grivoises et grotesques relevant d’une tradition dont l’origine et la signification sont décrites dans plusieurs ouvrages. Et il subsiste des «fresques carabines» à caractère sexuel dans certains établissements. Constatant une absence de consensus sur le sujet, le ministère de la Santé demande aux hôpitaux concernés «d’organiser le retrait de l'ensemble des fresques à caractère pornographique et sexiste dans un calendrier qui ménage la concertation» avec les représentants des internes. En cas de désaccord persistant, les agences régionales de santé pourront «imposer» la disparition de ces peintures.

Interrogée par l’AFP, l’Intersyndicale nationale des internes (Isni) ne s’oppose pas à ces directives mais demande «que des moyens soient débloqués» pour assurer la conservation des fresques présentant un intérêt patrimonial, par exemple dans des musées hospitaliers, comme cela a déjà été fait.

(AFP)

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