Groupe de rock – Le groupe Eels, un ours mal lêché devenu tendre

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Groupe de rockLe groupe Eels, un ours mal lêché devenu tendre

Mark Oliver Everett, leader du groupe Eels, actuellement en tournée, tente d'apporter un peu de bienveillance, lui qui a été touché par plusieurs drames personnels.

Singer and guitarist of the US pop band Eels, Mark Oliver Everett performs on stage, on August 29, 2010, at the Rock en Seine music festival in Saint-Cloud park, a western Paris suburb. AFP PHOTO / THOMAS SAMSON / AFP PHOTO / THOMAS SAMSON

Singer and guitarist of the US pop band Eels, Mark Oliver Everett performs on stage, on August 29, 2010, at the Rock en Seine music festival in Saint-Cloud park, a western Paris suburb. AFP PHOTO / THOMAS SAMSON / AFP PHOTO / THOMAS SAMSON

AFP/Thomas Samson

«En ce moment, on a besoin d'être bienveillants les uns envers les autres, non?» Antistar du rock, pince-sans-rire dépressif, Mark Oliver Everett, leader sensible, corrosif et barbu du groupe Eels entend donner un peu de réconfort aux gens. Voilà 25 ans que cette figure majeure de la scène alternative américaine traîne son blues, qu'il peut faire sonner sauvagement électrique ou au contraire tinter comme une comptine, avec la même force mélodique et la même puissance émotionnelle.

Son dernier album, paru au printemps, s'intitule «The Deconstruction». Que les fans de Eels et les adeptes de Jacques Derrida ne s'inquiètent pas trop: Everett n'a pas poussé le concept aussi loin que le philosophe français. Mais pour celui qui a passé la plus grande partie de sa vie à se reconstruire émotionnellement en chansons après les nombreux drames personnels qui l'ont touché, la démarche mérite explication. «Parfois on croit savoir comment on doit se reconstruire. Surtout à force de le faire comme moi... Mais on finit par emprunter la mauvaise voie ou alors on le fait mal. Alors la déconstruction s’impose. Analyser les choses différemment, revoir l’ordre des choses est tout aussi bénéfique. C'est ce que j'ai fait», dit-il.

La vie de celui qu'on surnomme E est hantée par la mort. Celle de son père d'abord, le physicien renommé Hugh Everett, dont il découvrit le corps inanimé à 19 ans. Celles de sa sœur Elizabeth, suicidée en 1996, et de sa mère Nancy, vaincue par le cancer deux ans plus tard. En 2001, sa cousine Jennifer était dans l'un des avions détournés du 11 septembre qui s'écrasa sur le Pentagone, là où son père jadis avait un bureau. Ces drames, et à un degré moindre les amours perdues, ont façonné l’œuvre de Eels qui compte pour perles «Beautiful Freak» (1996), «Electro-Shock Blues» (1998), «Daisies of the Galaxy» (2000), «Blinking Lights and Other Revelations» (2005).

(L'essentiel/afp)

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