Rap – Le jaguar a encore de beaux restes

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RapLe jaguar a encore de beaux restes

LUXEMBOURG - Bien épaulé par son crew, JoeyStarr a fait couler la sueur le long des maillots, samedi.

Le public ne remplissait pas la salle pour la venue du félin à l'Atelier. En revanche, il était chaud. Un peu trop parfois. Certains ont fait bosser les gars de la sécurité. Didier Morville, lui, était dans la place pour son second album solo «Egomaniac». Le quadra a beau arpenter le territoire du hip-hop depuis un bail, en matière de créativité, il fait encore partie de ce qui se fait de mieux sur la scène du rap français.

Restait à voir ce que ça donnait en live. Sur la première demi-heure, ça a purement explosé. À 44 ans, l'animal feule encore. Mais des fois, il a un chat dans la gorge et finira rouge pivoine. Tant mieux alors qu'il ait été bien entouré. Nathy Boss, qui rappait en duo tout du long avec lui, a réinsufflé du punch dans les moments de passage à vide. Si le jeune rappeur aux dreadlocks envoie, du côté des platines, ça touchait aussi pas mal avec, entre autres, DJ Cut Killer et ses mains qui virevoltent.

Ceci étant dit, de JoeyStarr, on attend une marque de fabrique. Et là tout y est. La posture tout en gueule. Du neuf et du old school époque NTM, délivré avec ce flow de fond de gorge si familier. Et en prime quelques belles prises à partie. Sur la fin, le jaguar lâche une dernière salve avec «On te voit», «Ma Benz» «Pose ton gun». Puis il dirige le public, pour le secouer un peu, en rugissant «à gauche, à droite, reculez!…». L'astuce est facile mais elle fait un carton auprès des intéressés qui se déchaînent. Le coup de grâce, il le portera avec «Seine Saint-Denis Style». Parce que Joey, ça reste de la bombe bébé!

Séverine Goffin

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