Crise en Syrie – «Le jour viendra où tu partiras aussi»

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Crise en Syrie«Le jour viendra où tu partiras aussi»

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé lundi que les jours du président syrien Bachar el-Assad étaient comptés, estimant que l'on ne pouvait rester au pouvoir «avec des canons».

Le torchon brûle entre la Syrie et la Turquie qui menace ouvertement Bachar-el-Assad (à droite) par la voix de son Premier-ministre Recep Tayyip Erdogan (à gauche).

Le torchon brûle entre la Syrie et la Turquie qui menace ouvertement Bachar-el-Assad (à droite) par la voix de son Premier-ministre Recep Tayyip Erdogan (à gauche).

AFP

«Le jour viendra où tu partiras aussi», a lancé M. Erdogan devant la presse lors d'un forum international à Istanbul, à l'adresse du chef de l'État syrien. M. Erdogan a critiqué les dernières déclarations faites par le chef de l'État syrien qui s'est dit «tout à fait» prêt à combattre et à mourir s'il devait affronter des forces étrangères, dans un entretien publié dimanche par l'hebdomadaire britannique The Sunday Times. «Quelqu'un se manifeste et dit qu'il est prêt à mourir», a souligné M. Erdogan et d'ajouter: «Tu vas lutter contre qui?, tu vas combattre ton frère musulman que tu gouvernes?». Il a une nouvelle fois dénoncé la répression par le régime syrien du mouvement de contestation en Syrie, qui a fait, selon l'ONU, plus de 3 500 morts. «Nous ne pouvons absolument pas considérer comme humain l'usage de chars, de canons et d'armes contre ceux qui réclament des droits et une vie plus humaine», a ajouté M. Erdogan.

Pas d’intervention étrangère, risque de guerre civile

Dans le même temps, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, recevait pour la première fois lundi, à Londres, des opposants syriens, une initiative visant selon lui à accentuer la pression sur le régime de Bachar el-Assad sans pour autant constituer une «reconnaissance formelle». Dans une interview à la BBC, M. Hague n'a pas immédiatement précisé l'identité de ses interlocuteurs, mais il a pris soin de réitérer que, contrairement à ce qui s'est passé en Libye, aucune intervention militaire n'était envisagée en Syrie.

Le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, en visite à Doha, a écarté lundi une intervention étrangère en Syrie et mis en garde contre le risque d'une guerre civile dans ce pays confronté depuis huit mois à une révolte réprimée violemment par le régime. «Une intervention étrangère n'est pas d'actualité. On ne va pas voir la Ligue arabe appeler le Conseil de sécurité de l'ONU ou (des pays) étrangers intervenir en Syrie», a déclaré M. Zebari lors d'une conférence de presse. «Mais la crainte c'est que si le conflit devient armé et confessionnel, il y aura alors une guerre civile, ce que nous refusons en raison de son impact sur la région du Moyen-Orient», a ajouté le ministre.

L’Iraq dément tout soutien armé et financier

Zebari a en outre «démenti catégoriquement l'entrée en Syrie de groupes armés irakiens», en référence à des informations sur l'envoi de miliciens du chef radical chiite irakien Moqtada Sadr en Syrie pour épauler les forces du président Bachar el-Assad dans la répression des manifestants. «Je démens aussi que l'Irak ait fourni de l'argent à la Syrie», a-t-il ajouté, soulignant que son gouvernement «n'approuve pas l'effusion du sang en Syrie. Nous voulons que la sagesse prévale pour un règlement» de la crise dans ce pays.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a quant à lui réaffirmé, comme le répète Moscou depuis plusieurs jours, que l'opposition syrienne partageait la responsabilité des violences avec le gouvernement et qu'elle devrait être incitée par la communauté internationale à dialoguer avec Damas. «Oui, il est nécessaire d'arrêter les violences, mais ces exigences doivent être adressées à la fois aux autorités et aux groupes armés qui se mêlent à l'opposition», a déclaré Sergueï Lavrov, dont les propos sont repris par l'agence Interfax. «Nous sommes dans une situation où la Ligue arabe appelle à la fin des violences et à l'ouverture d'un dialogue, alors que des appels absolument contradictoires émanent des capitales occidentales et des capitales de certains pays voisins», a déploré le chef de la diplomatie russe.

L'essentiel Online/

(AFP)

Quatre nouveaux morts lundi

Quatre Syriens ont été tués lundi matin par des tirs des forces de sécurité lors de perquisitions menées dans la province de Homs (centre), a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Par ailleurs, des bus de pèlerins turcs, qui se seraient égarés dans la nuit de dimanche à lundi près de Homs, auraient été arrêtés par des soldats syriens qui ont tiré des coups de feu contre les véhicules, selon les chaînes privées CNN-Türk et NTV. L'agence semi-officielle turque Anatolie n'a de son côté pas fait état de soldats mais d'un groupe armé. Le ministère turc des Affaires étrangères a confirmé «une attaque en territoire syrien», sans donner d'autre détails.

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