«Gilets jaunes» acte VI – Le leader arrêté ressort «serein et confiant»
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«Gilets jaunes» acte VILe leader arrêté ressort «serein et confiant»

Arrêté samedi en marge de l'acte VI des «gilets jaunes», Éric Drouet sera jugé lors d'une audience, le 5 juin 2019, en correctionnelle.

Éric Drouet, l'un des initiateurs des «gilets jaunes» interpellé samedi lors de l'«Acte VI» des manifestations à Paris, sera jugé le 5 juin prochain, a-t-on appris dimanche de sources concordantes. Dans l'attente de ce procès, il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de porter une arme, a indiqué une source judiciaire à l'AFP. Il n'est cependant pas interdit de se présenter à Paris contrairement à ce que le parquet de Paris avait demandé, a-t-on appris de même source et auprès de son avocat.

Il sera jugé pour «port d'arme prohibé de catégorie D», après avoir été retrouvé porteur d'une sorte de matraque, et pour «participation à un groupement formé en vue de violences ou de dégradations». Interpellé samedi après-midi, il a été présenté dimanche matin à un magistrat du parquet de Paris, qui lui a notifié qu'il serait jugé le 5 juin devant le tribunal correctionnel. Éric Drouet, 33 ans, un chauffeur routier de Melun (Seine-et-Marne), est une des voix qui pèsent dans la contestation qu'il définit lui-même comme «populaire» et «totalement apolitique».

C'est lui qui sur sa page Facebook avait appelé les «gilets jaunes» à commencer leur mobilisation parisienne de samedi à Versailles, avant de changer de destination et de les inviter à se rendre sur la butte Montmartre. Les manifestants avaient ensuite déambulé dans plusieurs quartiers de la capitale.

Manifestation non déclarée

«M. Drouet a appelé à cette manifestation, sur les réseaux sociaux, il a donné un certain nombre de lieux de rendez-vous et il était présent sur ces lieux, donc c'est un organisateur, à ce titre-là c'est un délit d'organiser une manifestation non déclarée», a déclaré samedi soir sur BFMTV le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez.

«La justice tranchera pour savoir s'il y a bien eu délit», sachant qu'«organiser une manifestation non déclarée, c'est un délit», a-t-il ajouté. Cette charge n'a pas été retenue pour l'instant contre Éric Drouet par le parquet, mais l'enquête sur cet aspect se poursuit, a précisé la source judiciaire. «Il n'a rien à se reprocher», a affirmé de son côté son avocat sur BFM TV qui dit son client «serein et confiant».

Éric Drouet à la sortie du tribunal dimanche

Créée mi-octobre, la page Facebook d'Éric Drouet appelant au «blocage national contre la hausse des carburants» a été rapidement suivie par des dizaines de milliers de personnes, amorçant la mobilisation nationale du 17 novembre, l'«acte I» des «gilets jaunes».

Dimanche soir, des «gilets jaunes de la première heure» dénoncent dans un communiqué «l'agression brutale, l'arrestation arbitraire et injustifiée dont a été victime Éric Drouet» et exigent du gouvernement «l'abandon de toutes les charges injustifiées» à son égard. Parmi les signataires, des figures emblématiques du mouvement comme Maxime Nicolle, alias «Fly Rider», Priscillia Ludosky ou Laëtitia Dewalle.

(L'essentiel/utes/afp)

Rétablir «l'ordre» avant Noël

L'exécutif a affiché sa fermeté dimanche, insistant sur les quelques débordements de l'«acte VI» des «gilets jaunes», Emmanuel Macron appelant au rétablissement de «l'ordre» et son Premier ministre Édouard Philippe condamnant une «violence inouïe» et des «gestes antisémites». «C'est maintenant l'ordre qui doit régner, le calme et la concorde. Notre pays a besoin de ça (...) Il faut apaiser les divisions», a estimé le président.

L'exécutif dénonce une radicalisation du mouvement et comme Édouard Philippe une «violence inouïe» et des «gestes antisémites» qu'il veut voir sanctionné en justice. Il vise notamment l'incident filmé et diffusé en boucle sur les chaînes d'information en continue montrant des motards de police pris à partie aux Champs-Élysées et dont l'un d'eux dégaine brièvement son arme.

Il fait également allusion à une vingtaine de «gilets jaunes» entonnant sur l'air du chant des Partisans la «chanson de la quenelle» de Dieudonné M'Bala M'Bala condamné en 2017 pour des propos antisémites, et un pantin à l'effigie d'Emmanuel Macron décapité vendredi soir à Angoulême.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a aussi tenu à souligner «un acte ignoble» après des insultes antisémites présumées proférées par des «gilets jaunes» contre une vieille dame dans le métro parisien, assurant que les auteurs sont poursuivis. Une enquête a été ouverte.

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