A la mode – Le look prison décliné par les stylistes
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À la modeLe look prison décliné par les stylistes

Les magazines et stylistes proposent de reproduire l’uniforme de taularde. Zoom sur une nouvelle mode qui suscite le malaise.

Les défenseurs des droits des détenus sont en colère. La semaine passée, ils s’en sont pris à l’édition britannique de Vogue. Dans ses pages, le magazine avait proposé de reproduire l’uniforme de taularde porté par l’héroïne de la série à succès «Orange is the new black». Sauf que réunis, les trois effets proposés (un anorak, un pantalon et un sweat) coûtent l’équivalent de plus de 1 000 euros: un saladier au monde du panier à salade! Des milliers de tweets rageurs ont circulé. Dont l’un émanant de Piper Kerman, l’auteur du roman autobiographique dont la fiction télévisuelle est tirée. Au final, le mensuel a présenté ses excuses.

Cette anecdote rappelle combien, à travers les âges, le milieu de la mode s’est joué des thèmes les plus controversés: l’uniforme nord-coréen, la camisole de force, les haillons des SDF ou le «pyjama» rayé des camps de concentration. La controverse nous rappelle aussi que la dégaine pénitentiaire est en vogue. Dans leurs collections, les stylistes l’ont déclinée, en particulier dans le vestiaire masculin, que ce soit de manière allusive ou frontale. Pour la saison actuelle, le créateur new-yorkais Siki Im a répertorié des tatouages de prisonniers, qu’il a imprimés sur ses habits en coton blanc. Dans un geste plus théâtral, Dean et Dan Caten du label Dsquared2 ont reproduit des cellules dorées où défilaient des bad boys sapés en orange.

Cette couleur, propre aux condamnés américains, magnétise aujourd’hui les fashionistas. Notamment parce que des stars comme Justin Bieber, Chris Brown ou Lindsay Lohan l’ont popularisée lorsque leurs «mugshots» (photos judiciaires) ont été médiatisées.

(L'essentiel/ Emmanuel Coissy)

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