Cinéma/«Colonia» – «Le Luxembourg a été le lieu idéal pour ce film»

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Cinéma/«Colonia»«Le Luxembourg a été le lieu idéal pour ce film»

LUXEMBOURG - «L'essentiel» a pu rencontrer Florian Gallenberger, réalisateur de «Colonia», sorti le 9 mars avec Emma Watson, et tourné en grande partie au Grand-Duché.

L'actrice Emma Watson avec le réalisateur allemand Florian Gallenberger, sur le tournage de «Colonia» au Luxembourg.

L'actrice Emma Watson avec le réalisateur allemand Florian Gallenberger, sur le tournage de «Colonia» au Luxembourg.

«L’essentiel»: Après «John Rabe», «Colonia» est une nouvelle production internationale. Vous avez pris l’habitude?

Florian Gallenberger: Il est vrai que je n’ai pas encore fait de film allemand jusqu’à présent. En tant que réalisateur, il s’agit avant tout d’une histoire qui vous intéresse et que vous avez envie de raconter. Un peu comme un coup de foudre, cela n’arrive jamais parce que l’on souhaite que ça arrive. Si vous trouvez la bonne histoire, et que vous savez comment la raconter, alors vous pouvez vous lancer. Pour différentes raisons, cette histoire ne se déroule pas en Allemagne. Mais pour moi, c’est très naturel. J’ai déjà tourné au Chili, en Chine, en Inde ou au Mexique. Je veux découvrir différents pays et différentes cultures. Et c’est une véritable chance de pouvoir le faire.

Cette histoire était ancrée en vous?

Ce type d’histoire a à voir avec votre personnalité, c’est inconscient. J’ai d’abord entendu parler de cette infâme secte à l’âge de 9 ans. Les gens que je connais et qui l’ont quittée ont mon âge aujourd’hui. Je suis né en 1972 et eux à la fin des années 60 et au début des années 70. Vingt ou trente années de leurs vies ont été volées car ils sont nés dans cet endroit, c’est horrible. C’est fou ce qu’un système peut faire à des gens, ce qui peut se produire s’il n’y a plus aucun contrôle, et si les gens sont contraints à servir ce système. Et nous devons y réfléchir, être critique et prendre nos propres décisions.

La genèse du film a été longue, c’est aussi un travail historique?

Je crois que chaque film est une aventure. Même si vous faîtes un film ici, sur une famille luxembourgeoise. Car cela vous emmène quelque part. Pour ce film, ce fut une aventure à la fois émotionnelle et à travers le temps et l’espace.

Vous avez tourné la plupart des scènes au Luxembourg, alors que l’histoire se passait au Chili…

Au départ, nous nous sommes bien sûr posé la question. Et il s’est trouvé que les paysages étaient quasiment les mêmes, car le camp est situé au sud du Chili, où le climat est similaire. Le Luxembourg est un petit pays, mais nous avons eu la chance de trouver ce lieu incroyable (NDLR: le musée de l’ardoise à Martelange). Les scènes souterraines ont été tournées dans les casemates. Les lieux où nous avons tourné fonctionnent à merveille. Le Luxembourg a été le lieu idéal pour ce film.

Et vous avez deux actrices luxembourgeoises au casting?

Je connaissais déjà Vicky Krieps, qui est aussi une star en Allemagne. Je ne savais même pas qu’elle était luxembourgeoise! Je ne connaissais pas Jeanne Werner, qui venait de finir son école. J’ai trouvé son visage intéressant, et lorsqu’elle a commencé à jouer, je me suis dit qu’elle était exactement celle que l’on recherchait pour ce rôle. Elle est excellente dans le film, qui va, je l’espère, lancer sa carrière.

Emma Watson a dit récemment qu’elle avait besoin de faire une pause…

Elle a enchaîné avec deux gros films après celui-ci. Et notre film était déjà intense émotionnellement et physiquement. Je m’étais rendu avec Emma au Chili avant le début du film pour lui montrer le lieu réel de Colonia Dignidad et de rencontrer les gens sur place. Ce fut assez éprouvant pour elle. Mais Emma est jeune, et parfois c’est une bonne chose de prendre un peu de temps pour soi.

(Recueilli par Cédric Botzung/L'essentiel)

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