L'Allemagne à la rescousse – Le Luxembourg a une idée pour faire fermer Cattenom

Publié

L'Allemagne à la rescousseLe Luxembourg a une idée pour faire fermer Cattenom

LUXEMBOURG - Claude Turmes espère l'arrivée des Verts allemands au pouvoir pour faire pression sur la France, et obtenir la fermeture de la centrale nucléaire de Cattenom.

Claude Turmes pense que la France «doit se libérer du lobby du nucléaire».

Claude Turmes pense que la France «doit se libérer du lobby du nucléaire».

Quel avenir pour la centrale nucléaire de Cattenom? Alors que la France semble décidée à prolonger la durée de vie de la centrale ouverte en 1986, le Luxembourg s'active en coulisses pour obtenir une fermeture réclamée de longue date. Dans une interview accordée à L'essentiel, le ministre de l'Énergie Claude Turmes a confié qu'il «travaillait à former des coalitions» au niveau européen, avec en ligne de mire les prochaines élections fédérales de septembre en Allemagne.

Si les Grünen arrivent au gouvernement, ce qui semble possible, le rapport de force pourrait évoluer de manière décisive: «Je suis en train de les préparer, le but étant que l'Allemagne pousse la France à fermer la centrale, comme elle l'avait fait pour Fessenheim», dévoile le ministre Déi Gréng.

Au cœur des enjeux, des questions d'assurance en cas d'accident nucléaire dont l'Allemagne pourrait se désolidariser. Face au risque abyssal qui planerait sur les finances de l'Hexagone, la France serait amenée à reconsidérer sa position, croit l'ancien député européen.

«Une épée de Damoclès»

Une position qui semble figée pour l'instant, en témoigne le récent échange entre le ministre luxembourgeois et son homologue française Barbara Pompili. «Elle n'est pas la seule maître à bord, et une grande partie du gouvernement est pro-nucléaire», constate Claude Turmes, qui estime que la question de Cattenom «pourrit» une amitié et une bonne entente sur les autres sujets: «Nous nous battons ensemble contre le Covid-19 et pour faciliter la vie des habitants des deux côtés de la frontière dans le cadre de l'aménagement du territoire. Mais il reste cette épée de Damoclès au-dessus de notre tête».

«Tchernobyl et Fukushima nous ont montré que les seules centrales sûres sont celles qui sont fermées. La France a les moyens de développer des énergies renouvelables comme le solaire, l'éolien ou la biomasse (NDLR: matière organique d'origine vivante), mais elle privilégie les bénéfices à la sécurité des citoyens», conclut le ministre qui promet «d’œuvrer tous les jours» à la fermeture de la centrale nucléaire située à deux pas de la frontière luxembourgeoise.

(Thomas Holzer/L'essentiel)

Cattenom jusqu'en 2050?

Prévue à l'origine pour 40 ans d'exploitation, la centrale nucléaire vise le prolongement de sa durée de vie, possiblement jusqu'en 2050. Une décision qui sera prise après la révision de l'unité 3 débutée début février. Six mois seront nécessaires pour l'inspecter et la mettre aux normes.

Mars Di Bartolomeo remonté

Le ministre Claude Turmes n'est pas le seul à réclamer la fermeture de Cattenom. Le député socialiste Mars Di Bartolomeo s'est emporté contre ce qu'il considère comme une «provocation» au moment d'évoquer l'éventuel prolongement de la centrale. Une charge qui a suscité un vif débat dans les commentaires...

Ton opinion