Référendum – Le Luxembourg face à des enjeux cruciaux

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RéférendumLe Luxembourg face à des enjeux cruciaux

LUXEMBOURG - Les citoyens du Grand-Duché répondent ce dimanche à trois questions. Le résultat pourrait modifier le paysage politique du pays.

2015 06 07, Bonnevoie, Rue du Vergers, Bureau de vote pour Référendum au Luxembourg sur 3 questions en relation avec l’élaboration d’une nouvelle Constitution - Le droit de vote passif pour étrangers, l'abaissement de l'âge de vote à 16 ans et la limitation dans le temps des mandats de membres du gouvernement soumis au plébiscite, Photo Fabrizio Pizzolante

2015 06 07, Bonnevoie, Rue du Vergers, Bureau de vote pour Référendum au Luxembourg sur 3 questions en relation avec l’élaboration d’une nouvelle Constitution - Le droit de vote passif pour étrangers, l'abaissement de l'âge de vote à 16 ans et la limitation dans le temps des mandats de membres du gouvernement soumis au plébiscite, Photo Fabrizio Pizzolante

Editpress/Fabrizio Pizzolante

Le Premier ministre Xavier Bettel a fait campagne pour la «modernisation» du Grand-Duché jusqu'à samedi, tentant de convaincre des électeurs hésitants jusque pendant la braderie. Un vote positif serait «un oui à plus de démocratie, un oui pour la jeunesse, un oui pour la diversité», a-t-il lancé. Difficile de dire si les 244 382 électeurs du pays vont le suivre en ouvrant le droit de vote aux étrangers résidant depuis plus de dix ans dans le pays. Prudent, le gouvernement tablerait sur un «oui» à 40% voire 45%. S'il dépasse les 50%, le Luxembourg deviendra le premier pays de l'Union européenne à octroyer le droit de vote aux étrangers.

Sortant du bureau de vote de Gasperich, Nicole, 55 ans, une employée communale mariée à un Français, a voté «non», estimant qu'il faut régler le problème en accordant la nationalité à plus d'étrangers. «Je crois que les gens doivent se faire Luxembourgeois». Claude, fonctionnaire communal et père de quatre enfants, estime au contraire qu'il faut «élargir la base électorale et mettre fin à l'apartheid politique des étrangers». «Aux prochaines élections, (seulement) quatre personnes sur dix vont pouvoir dire si elles sont satisfaites de ma politique ou non! Aucun autre pays au monde, sinon Dubaï, n'arrive à notre niveau de déficit démocratique», avait plaidé M. Bettel dans la presse. «Le fait de dire non n'est pas une preuve de racisme», a précisé le Premier ministre samedi, soucieux de ne pas stigmatiser les opposants.

La limitation des mandats s'appliquerait au gouvernement actuel

«Ce qui est important est que l'on continue l'intégration dans ce pays et que l'on continue à vivre ensemble, à se respecter», a insisté M. Bettel. Ce nouveau droit de vote serait accordé à quelque 35 000 personnes en grande majorité originaires d'Europe, à commencer par les Portugais qui représentent 16,4% de la population. Viennent ensuite les Français (7%), Italiens (3,5%), Belges (3,3%) et Allemands (2,3%). Les étrangers non Européens représentent 7% de la population. Parmi eux, les Capverdiens, les Nord-Américains et les Chinois sont les plus nombreux. Le sujet divise profondément la population luxembourgeoise qui craint la dilution de son influence dans la société alors que les étrangers sont déjà indispensables à l'économie très ouverte.

En raison de leur moyenne d'âge, moins élevée que celle de l'électorat luxembourgeois, et de leur profil socio-professionnel (une majorité travaille dans le secteur privé tandis que de nombreux électeurs luxembourgeois viennent de la fonction publique), ils pourraient profondément modifier le paysage politique. Les trois partis de la coalition (DP, LSAP et Déi Gréng) se prononcent en faveur des trois questions posées, tout comme déi Lénk. Les partis conservateurs, le CSV et l’ADR, se positionnent très clairement contre les trois propositions faites aux citoyens. Enfin, le parti des Pirates se prononce en faveur de plus de participation démocratique, tant pour les étrangers que pour les mineurs, mais contre la limitation des mandats ministériels à dix ans consécutifs.

Le référendum pose deux autres questions, sur l'abaissement de l'âge du droit de vote à 16 ans et sur la limitation des mandats de ministres à dix ans consécutifs. Cette dernière mesure s'appliquera à son gouvernement élu fin 2013, a promis M. Bettel.

(L'essentiel/AFP)

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