Financement occulte des partis – Le Luxembourg met en cause Sarkozy et Balladur

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Financement occulte des partisLe Luxembourg met en cause Sarkozy et Balladur

Un rapport de synthèse de policiers luxembourgeois évoque un financement occulte de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995 alors que Nicolas Sarkozy était ministre du Budget.

Le rapport de la police luxembourgeoise désigne Nicolas Sarkozy et Édouard Balladur comme ayant participé à un financement occulte de la campagne présidentielle de 1995.

Le rapport de la police luxembourgeoise désigne Nicolas Sarkozy et Édouard Balladur comme ayant participé à un financement occulte de la campagne présidentielle de 1995.

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Ce document, daté de janvier 2010 et révélé par Médiapart, a été versé au dossier instruit par les juges financiers Jean-Christophe Hullin et Françoise Desset «en fin de semaine dernière», a-t-on précisé de source proche du dossier. Ce rapport de synthèse des policiers luxembourgeois rappelle que le président Nicolas Sarkozy a «directement» supervisé, lorsqu'il était ministre du Budget d'Édouard Balladur entre 1993 et 1995, la constitution de la société Heine, basée au Luxembourg et par laquelle transitaient les commissions, légales jusqu'en 2000, sur des contrats d'armement.

«En 1995, des références font croire à une forme de rétro-commission (illégale, NDLR) pour payer des campagnes politiques en France», poursuivent les policiers luxembourgeois. «Nous soulignons qu'Édouard Balladur était candidat à l'élection présidentielle en 1995 face à Jacques Chirac et était soutenu par une partie du RPR, dont Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua», ajoutent les policiers.

Selon eux, «une partie des fonds qui sont passés par le Luxembourg reviennent en France pour le financement de campagnes politiques françaises». Le nom de Heine était déjà apparu dans une enquête préliminaire antérieure à l'information judiciaire visant la DCN : les policiers français avaient trouvé à la DCN une note mentionnant l'aval pour la création de cette société du directeur de cabinet de M. Balladur à Matignon, Nicolas Bazire, et celui du ministre du Budget d'alors, M. Sarkozy.

Elle laissait «supposer des relations ambiguës avec les autorités politiques en faisant référence au financement de la campagne électorale de M. Balladur pour l'élection présidentielle de 1995», estimaient les policiers. Le parquet de Paris n'avait pas donné suite.

lessentiel.lu avec AFP

Le Parquet général de Luxembourg contacté par lessentiel.lu a expliqué que c'est dans le cadre d'une commission rogatoire internationale que le rapport de la police luxembourgeoise a été rédigé et que les informations ont été transmises en février dernier au Parquet général de Paris.

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