Xavier Bettel - Le Luxembourg «n'est pas le hub» de la finance russe

Publié

Xavier BettelLe Luxembourg «n'est pas le hub» de la finance russe

LUXEMBOURG – La place financière au Luxembourg, la politique militaire, mais aussi ses échanges avec Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky: le Premier ministre Xavier Bettel s'est confié sur la guerre en Ukraine à la télévision française.

Alors que les négociations entre la Russie et l'Ukraine semblent avancer ce mardi avec la promesse russe «d'une réduction radicale de l'activité militaire» en Ukraine, la perspective d'une entrevue entre le président Poutine et le président Zelensky se précise. Dans une interview accordée à France 24 la semaine passée, le Premier ministre luxembourgeoise a encore plaidé pour cette rencontre qui constituerait, selon lui, une avancée majeure pour arrêter la guerre.

«Si on n'arrive pas à discuter les uns avec les autres, on ne s'en sortira pas. Les négociateurs n'arriveront pas à régler tous les points. Il faut essayer d'organiser une sortie, car pour l'instant on est dans l'escalade», a-t-il estimé, précisant que lui et ses équipes «essaient du matin au soir» de «travailler de manière discrète» à la poursuite du dialogue.

Le chef du gouvernement en a profité pour se confier sur ses échanges «presque tous les jours» avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky: «C'est dur d'entendre un collègue dire qu'il ne sait pas s'il va survivre, car sa tête a été mise à prix», a glissé Xavier Bettel, expliquant que le président ukrainien lui a demandé d'échanger avec les deux camps.

«Je ne suis pas jaloux des soutiens de Poutine»

Xavier Bettel

À ce propos, le Premier ministre luxembourgeois est revenu sur ses deux entretiens téléphoniques avec le président russe Vladimir Poutine. «Je lui ai rappelé que les pays qui constituent son plus grand soutien sont l'Érythrée, la Biélorussie, la Syrie et la Corée du Nord. Je ne suis pas jaloux de ses copains», a-t-il détaillé au moment d'évoquer la solidarité internationale concernant la condamnation de l'invasion russe en Ukraine.

Xavier Bettel a également défendu la politique luxembourgeoise, notamment sur le plan militaire, expliquant pourquoi le Luxembourg possède l'un des plus petits budgets pour l'armée (0,6% du PIB) au sein de l'OTAN: «Il faut voir d'où nous venons. On a augmenté notre budget de 230%, notre armée compte 1 000 personnes. Notre choix a été d'investir dans des satellites et des communications, des choses modernes. Dépenser pour dépenser, cela ne sert à rien», a-t-il justifié, plaidant pour des «dépenses intelligentes» et «des achats groupés» avec les pays voisins.

Concernant la place financière et l'importance des fonds russes, le leader de la coalition au pouvoir au Grand-Duché a souhaité corriger une contre-vérité trop souvent partagée. Oui, les banques russes sont présentes, mais «d'autres places financières sont le hub de la finance russe», a-t-il précisé sans vouloir les nommer. «Nous savions que les sanctions allaient coûter, mais la paix a un prix».

(th)

Ton opinion

50 commentaires