«SwissLeaks» – Le Luxembourg ne savait rien sur les fraudeurs

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«SwissLeaks»Le Luxembourg ne savait rien sur les fraudeurs

LUXEMBOURG – Des clients de banques luxembourgeoises devraient se trouver sur la liste douteuse des clients de HSBC en Suisse. Le ministère des Finances a réagi.

Le journal français Le Monde et plusieurs médias internationaux ont exposé dimanche la face cachée du secret bancaire en Suisse, après avoir eu accès aux données soustraites par un informaticien, Hervé Falciani, ex-employé de la banque HSBC à Genève. Baptisée «SwissLeaks», l'opération propose un voyage au cœur de l'évasion fiscale, mettant en lumière les ruses utilisées pour dissimuler de l'argent non déclaré.

Au Luxembourg, le ministère des Finances n’était pas au courant de ce dossier. Un porte-parole du ministre, Pierre Gramegna, a déclaré à L’essentiel que la fameuse «Liste Falciani», n’était pas encore disponible pour le Grand-Duché. Même si on lui avait demandé en priorité, il n’aurait pas été en mesure de le dire. Pendant de nombreuses années, les informations copiées par Hervé Falciani, l'ex-informaticien de la filiale suisse de la banque britannique, n'étaient connues que de la justice et de quelques administrations fiscales, même si certains éléments avaient filtré dans la presse.

Une enquête n'est pas exclue au Luxembourg

Au Grand-Duché, aucun magistrat n’a été chargé de l’affaire pour le moment. Un porte-parole du ministère de la Justice a affirmé qu’il n’y avait aucune procédure en cours sur des clients de HSBC au Luxembourg. Généralement, les tribunaux luxembourgeois ne se préoccupent que «très rarement» des dossiers relatifs à l’évasion fiscale. Toutefois, l’administration fiscale n’exclut pas de mener sa propre enquête.

(Jörg Tschürtz /afp/L'essentiel)

Hervé Falciani, héros des lanceurs d'alerte de la finance mondialisée

L'informaticien franco-italien Hervé Falciani, dont les fichiers de la banque HSBC ont permis à un consortium de journalistes mené par «Le Monde» de dévoiler un immense système d'évasion fiscale européen, est un héros chez les lanceurs d'alerte de la finance mondialisée. «Il est courageux. Nous pensons le plus grand bien du travail de M. Falciani, quelles qu'aient pu être ses motivations, il a servi le bien public», dit à l'AFP, le vice-président de l'association française Anticor, Eric Alt, qui lutte contre la corruption et l'évasion fiscale.

Feu follet du «SwissLeaks», poursuivi par la Suisse, protégé par la France et l'Espagne, cet élégant franco-italien de 42 ans qui vit entre la France et l'Espagne, a commencé comme employé de casino à Monaco au début des années 90, puis est devenu informaticien de la banque HSBC en 2000, d'abord à Monaco, puis à Genève en 2005. Le parcours rocambolesque de celui que la presse française surnomme le «Snowden de la fraude fiscale» ou «l'homme qui fait trembler les riches» est digne d'un roman d'espionnage tel que raconté par l'un des journalistes du «Monde», Gérard Davet, auteur de l'enquête publiée lundi.

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